Nathalie Bondil a «fragilisé» le MBAM, soutient le mécène Pierre Bourgie

«Aujourd’hui le mal est fait, dit Pierre Bourgie. Cette crise aurait pu être évitée, mais en la déplaçant sur la place publique pour des raisons personnelles, [Mme Bondil] aura sans doute fragilisé le Musée qui, rappelons-le, doit aussi son succès au soutien de ses bienfaiteurs.»
Photo: Pedro Ruiz Archives Le Devoir «Aujourd’hui le mal est fait, dit Pierre Bourgie. Cette crise aurait pu être évitée, mais en la déplaçant sur la place publique pour des raisons personnelles, [Mme Bondil] aura sans doute fragilisé le Musée qui, rappelons-le, doit aussi son succès au soutien de ses bienfaiteurs.»

L’influent mécène Pierre Bourgie appuie « pleinement » la décision du conseil d’administration du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) de congédier Nathalie Bondil. L’attitude de cette dernière a « sans doute fragilisé » le Musée, s’inquiète-t-il.

M. Bourgie, dont la famille est associée au MBAM depuis la construction du Pavillon Claire et Marc Bourgie, qui abrite une salle de concert, confirme jeudi matin dans une lettre transmise au Devoir que « les dernières années auront été marquées à l’interne et à l’abri des regards, par une lente mais constante dégradation du climat de travail » au Musée.

« Plusieurs employés au fil des ans ont partagé avec moi, sous le sceau de la confidentialité, leurs frustrations, leurs inquiétudes et parfois même leur colère. J’ai pris acte, avec consternation, de nombreux départs volontaires d’employés compétents. »

M. Bourgie écrit que « manifestement, Nathalie Bondil n’aura pas su entendre ces voix discordantes que nul pourtant ne pouvait ignorer. »

« Aujourd’hui le mal est fait, dit-il. Cette crise aurait pu être évitée, mais en la déplaçant sur la place publique pour des raisons personnelles, [Mme Bondil] aura sans doute fragilisé le Musée qui, rappelons-le, doit aussi son succès au soutien de ses bienfaiteurs. »

Ainsi Pierre Bourgie soulève-t-il une crainte : celle que des mécènes et d’autres partenaires puissent être marqués par la crise actuelle. « L’argent est frileux, ne l’oublions pas. Aurais-je consenti à associer ma famille au Musée lors de la construction du Pavillon d’art canadien et québécois dans un contexte de pareille tension ? Poser la question est y répondre. »

La petite porte

M. Bourgie fait autrement l’éloge de Nathalie Bondil, en parlant du « succès retentissant du Musée » et de « l’immense estime populaire dont il bénéficie aujourd’hui », qu’il attribue en partie au « dynamisme, à l’ouverture d’esprit et aux talents de communicatrice » de celle qui était directrice générale et conservatrice en chef.

« Nous lui devons beaucoup. Elle aura marqué son époque […]. Elle aura su conquérir le cœur des Montréalais et des Québécois. »

Mais selon lui, ces succès ne peuvent être isolés du reste du tableau (les relations de travail au Musée), et « la décision de ne pas renouveler le contrat de Nathalie Bondil s’imposait ». « J’aurais souhaité voir [Mme Bondil] quitter le Musée par la grande porte, elle le méritait. Elle aura choisi un autre chemin. »

Nathalie Bondil a été congédiée lundi par le conseil d’administration, après 13 ans à la direction du MBAM.

D’autres détails suivront.

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