Le Louvre rouvre ses portes

Devant <em>La Joconde</em>, principale attraction du Louvre, la valse des selfies a toutefois repris.
Photo: François Guillot Agence France-Presse Devant La Joconde, principale attraction du Louvre, la valse des selfies a toutefois repris.

Un tête-à-tête avec la Joconde : après trois mois et demi de fermeture, les premiers touristes ont pu s’offrir lundi une visite du Louvre sans foule avec la réouverture à Paris du musée le plus visité au monde, en attendant le retour des touristes étrangers.

« Pour les visiteurs, c’est l’occasion de se retrouver seul, en début ou fin de journée, devant La Joconde ou La Venus de Milo ! », vante Jean-Luc Martinez, président-directeur du musée.

« Ça m’a énormément manqué. Je viens habituellement deux fois par mois », confie Julia Campbell, retraitée française d’origine écossaise. « Je vais en profiter pour rester plus longtemps », glisse cette passionnée d’archéologie.

Avec 7000 réservations pour lundi contre 30 000 visiteurs quotidiens avant la crise sanitaire, la foule des grands jours n’est pas encore de retour.

La faute aux règles sanitaires avec des créneaux de visites — sur réservation uniquement — de 500 personnes toutes les demi-heures, mais aussi à la fermeture des frontières toujours en vigueur pour de nombreux touristes étrangers.

75 % du public du musée est habituellement formé d’étrangers. Mais pour l’instant seuls les Européens des pays proches peuvent commencer à revenir.

Le musée, qui a perdu plus de 40 millions d’euros de recettes durant le confinement, se voit privé des foules habituelles de touristes américains, chinois, coréens, japonais, brésiliens…

« Je suis très, très heureux d’accueillir des visiteurs, un musée, c’est fait d’abord pour accueillir des visiteurs », a salué Jean-Luc Martinez.

Le musée n’avait jamais fermé si longtemps depuis la deuxième Guerre mondiale.

La direction s’attend à trois années difficiles, sachant que le total des billets vendus en 2020 sera très loin du record de plus de dix millions atteint en 2018

Pas de retour en arrière

Le retour à une visite normale attendra : chaque visiteur doit avoir apporté son masque, un fléchage en bleu indique les sens des parcours, qui seront obligatoires en cas d’affluence, et sans possibilité de retour en arrière.

Devant le plus énigmatique tableau au monde, La Joconde, principale attraction du Louvre, la valse des selfies a toutefois repris.

Des marquages au sol ont été mis en place pour éviter les attroupements et les touristes patientent avant de s’offrir un rapide tête-à-tête avec Mona Lisa, sans possibilité de retour en arrière. Les agents d’accueil s’assurent que les visiteurs portent bien leur masque et suivent le tracé indiqué.

« Je trouve ça idyllique, j’aime quand il y a peu de monde, quand c’est silencieux. Là, c’est presque silencieux, c’est un jour exceptionnel », s’enthousiasme Christine, une retraitée parisienne. Membre des « amis du Louvre », elle a « foncé » sur les réservations dès qu’a été annoncée la date de réouverture du musée.

La Joconde, la Victoire de Samothrace, la Liberté guidant le peuple, le Radeau de la méduse, la Vénus de Milo, les bijoux de la Couronne et autres merveilles… Les salles les plus fréquentées sont ouvertes de même que celles abritant des collections très populaires auprès du public de la région parisienne comme les Antiquités de l’Égypte, de la Grèce et de Rome.

Certaines collections — environ 30 % — ne seront pas accessibles dans les premières semaines et mois, comme la sculpture française du Moyen-Âge et de la Renaissance ou les arts d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques.

Un nouvel audioguide pourra être loué à partir du 15 juillet. Disponible en neuf langues, il proposera des contenus innovants pour mieux faire comprendre l’histoire des salles et des collections avec leurs mystères et leurs anecdotes.

Seule exposition temporaire : dans la Petite Galerie, « Figure d’artiste », qui était là avant le confinement, a été prolongée. Réduite, très didactique, elle présente une sélection de certaines des plus belles peintures, notamment des portraits dont s’enorgueillit le Louvre, de Rembrandt à Dürer, de Delacroix à Vigée-Lebrun.

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