Histoires de pêche et Bobinette

Martine Letarte Collaboration spéciale
Le toit du Musée de la civilisation mérite aussi un détour puisque ce sera la dernière année de l’installation «Roof Line Garden», qui crée un petit havre de paix urbain pour les visiteurs grâce à ce dôme formé de milliers de rubans de plastique qui volent au vent.
Photo: François Ozan Le toit du Musée de la civilisation mérite aussi un détour puisque ce sera la dernière année de l’installation «Roof Line Garden», qui crée un petit havre de paix urbain pour les visiteurs grâce à ce dôme formé de milliers de rubans de plastique qui volent au vent.

Ce texte fait partie du cahier spécial Musées

Le Musée de la civilisation de Québec rouvre ses portes le 20 juin avec des propositions très québécoises, allant des histoires de pêche à Bobinette, en passant par Broue. Le hasard fait bien les choses puisque, avec la pandémie, les visiteurs seront essentiellement québécois cet été. « Tout le musée rouvre parce que sa configuration, avec ses grands espaces, a permis de créer un parcours dirigé où les visiteurs ne se croiseront pas, et nous avons très hâte de les accueillir », affirme avec enthousiasme Stéphan La Roche, président-directeur général du Musée de la civilisation.

L’exposition vedette de l’été est Histoires de pêche avec son lac virtuel. « C’est le clou de l’exposition qui permet de vivre une expérience fascinante », affirme M. La Roche, visiblement heureux du résultat. Cet espace immersif, qu’on visite heureusement sans lunettes 3D ni casque de réalité virtuelle, permettra aux gens de marcher sur l’eau, de voir des poissons, de pêcher, d’entendre des oiseaux chanter, le tout, virtuellement. Les projections permettront aussi de faire vivre différentes atmosphères sur le lac, qui varieront selon les heures et les saisons.

L’exposition présentée dès le 26 juin traite de quatre types de pêche pratiqués au Québec : à la mouche, au lancer, urbaine et blanche. Elle proposera plus de 350 objets, comme des cannes à pêche, des mouches, des moulinets, des épuisettes, des leurres et des photos d’archives provenant pour la plupart de la collection du Musée de la civilisation.

En plus de son volet historique, l’exposition a un côté ludique. « Nous avons créé des “documenteurs” : de fausses histoires de pêche présentées sur vidéo, explique Stéphan La Roche. Il y en a de très drôles ! »

Bobinette

L’exposition-vitrine Nom d’une Bobinette sera présentée dès la réouverture du Musée de la civilisation, qui a acquis une partie du costumier de Radio-Canada. Elle présentera le castelet et plusieurs pièces de la garde-robe du personnage féminin de la célèbre émission jeunesse Bobino, en ondes de 1957 à 1985. La canne, le chapeau et le veston de Bobino seront aussi exposés.

On diffusera également une entrevue vidéo réalisée avec Christine Lamer qui a incarné Bobinette de 1973 à 1985. « C’est une très belle entrevue, où elle raconte toutes ces années où elle a incarné ce personnage, précise Stéphan La Roche. Ça rappellera de très bons souvenirs aux nombreuses personnes qui ont regardé l’émission. »

De Broue au numérique

Le Québec sera également à l’honneur avec Broue. L’homme des tavernes. Cette exposition, à l’affiche depuis l’automne dernier, se penche sur la pièce de théâtre culte Broue, qui a été vue par 3 millions de spectateurs grâce à plus de 3300 représentations. Cette œuvre est inspirée de la réalité simple et exclusivement masculine des tavernes à l’époque où les femmes revendiquaient l’accès à ces débits de boissons.

L’exposition permet de découvrir Broue sous un nouvel angle, en explorant le contexte de sa création, et présente des réflexions de ses artisans. En plus de déambuler à travers les décors, les accessoires et les costumes originaux de la pièce, le visiteur est invité à découvrir la série d’images de photographie documentaire La taverne réalisée en 1973, par Alain Chagnon.

On revient dans l’époque actuelle avec La tête dans le nuage, alors que le confinement a encore plus propulsé le numérique dans nos vies. L’exposition s’intéresse à la façon dont la révolution numérique remet en question notre conception de la vie privée, redéfinit le marché du travail et change nos façons de nous informer, d’entrer en relation et de consommer. L’exposition, présentée jusqu’à janvier, compare l’effet du numérique dans nos vies aux autres grandes révolutions qui ont marqué l’histoire de l’humanité telles que l’écriture, l’imprimerie et la révolution industrielle.

Le toit du Musée de la civilisation mérite aussi un détour puisque ce sera la dernière année de l’installation Roof Line Garden, qui crée un petit havre de paix urbain pour les visiteurs grâce à ce dôme formé de milliers de rubans de plastique qui volent au vent.

Cette offre estivale s’ajoute aux expositions permanentes C’est notre histoire, sur les Premières Nations et les Inuits, et Des images dans la pierre, sur l’art rupestre au Canada.

Des guides dans les salles

Puisque les visites guidées sont interdites, des guides seront présents dans les salles d’exposition pour donner de l’information aux visiteurs en respectant les règles de distanciation physique. « C’est quelque chose qu’on faisait dans les premières années d’ouverture du Musée quand j’étais guide, et je suis très heureux qu’on y revienne, parce que ça permet d’avoir un contact très chaleureux avec les gens », témoigne Stéphan La Roche.

Le visiteur doit acheter en ligne son billet à plage horaire prédéterminée, et les heures d’ouverture seront élargies pour l’été afin de permettre au plus de gens possible de visiter le Musée, qui doit fonctionner avec un nombre d’admissions réduit. Un comptoir alimentaire extérieur et un spectacle déambulatoire rendront la file d’attente plus agréable.