Déconfiner les expositions

Catherine Martellini Collaboration spéciale
«Kim Jong-Un et Donald Trump», 2018. Don de Serge Chapleau, M2019.48.293.
Photo: Musée McCord «Kim Jong-Un et Donald Trump», 2018. Don de Serge Chapleau, M2019.48.293.

Ce texte fait partie du cahier spécial Musées

« Les derniers mois ont nécessité beaucoup d’acrobaties, notamment des négociations avec les différents musées, explique Suzanne Sauvage, présidente et cheffe de la direction du Musée McCord Stewart. Je dois dire que tout le monde a été extrêmement compréhensif. »

C’est ainsi que l’exposition du Musée royal de l’Ontario sur Christian Dior, qui devait être présentée cet été, est reportée en septembre. Celle sur le designer montréalais Jean-Claude Poitras, interrompue par la pandémie, se poursuivra, quant à elle, jusqu’au 2 août. Les visiteurs pourront découvrir la personnalité du créateur ayant marqué le prêt-à-porter à Montréal et ailleurs au Canada et en savoir plus sur ses sources d’inspiration durant sa carrière prolifique s’étendant sur plus de trois décennies, de 1970 aux années 2000.

Il en va de même pour l’exposition de photos Griffintown – Montréal en mutation, de l’artiste montréalais Robert Walker, qui se prolongera jusqu’en février 2021.

L’exposition permanente Porter son identité – La collection Premiers Peuples, réalisée en étroite collaboration avec un comité consultatif autochtone, sera également de retour et invite les visiteurs à réfléchir sur la perception du vêtement dans leur propre affirmation identitaire.

« Le fait d’accepter peu de personnes à la fois donne un contexte de visite unique : elles peuvent prendre plus de temps pour bien s’imprégner d’une œuvre », mentionne Suzanne Sauvage.

Outre les réorganisations d’horaires, les programmes éducatifs devront être repensés à l’automne et les visites de camps de jour ne pourront avoir lieu cet été.

Une exposition satirique

Dès la réouverture du Musée McCord, les visiteurs pourront nouvellement découvrir la rétrospective de l’œuvre du caricaturiste Chapleau.

« En plus de 150 caricatures, esquisses, illustrations originales et extraits vidéo de ses personnages conçus pour la télévision, les visiteurs auront accès à des entrevues, notamment avec des politiciens qui ont été caricaturés par lui, souligne Mme Sauvage. L’exposition fait carrément revivre 50 années de culture populaire, d’histoire et de politique québécoise. »

Le vernissage, qui normalement attirerait dans un même lieu près de 1000 personnes, se déroulera plutôt en ligne sur invitation, distanciation oblige. « Comme l’événement sera présenté en direct sur les réseaux sociaux, les participants auront la chance de poser des questions à Chapleau, au conservateur, Christian Vachon, ou à moi », précise-t-elle.

Se réapproprier la ville

Depuis maintenant 15 ans, le Musée McCord Stewart propose une exposition hors les murs, sur l’avenue McGill College.

« Le thème Va jouer dehors avait été pensé juste avant la pandémie, mais il prend un tout autre sens actuellement, avec le déconfinement », mentionne-t-elle.

Les photographies de la collection du Musée retracent en effet les passe-temps favoris des enfants dans les parcs et rues de Montréal des années 1870 à 1990. « Plusieurs pourront se rappeler des souvenirs d’enfance », ajoute-t-elle.

Le Musée récidive également avec ses circuits urbains où les gens peuvent télécharger une application et se balader dans différents quartiers pour en apprendre sur leur histoire. Un sixième circuit est proposé cette année sur Griffintown.

La Forêt urbaine, cet espace de bien-être situé sur la rue Victoria, entre la rue Sherbrooke Ouest et l’avenue du Président-Kennedy, revient pour sa dixième année.

« Nous croyons que cette année particulièrement, les Montréalais voudront se réapproprier la ville après avoir été confinés aussi longtemps, estime Suzanne Sauvage. On sent déjà que le centre-ville se repeuple, et les gens y passeront donc pour profiter d’un moment zen et coloré. »

Les séances de yoga et les activités culturelles ne seront toutefois pas présentées en raison des règles sur les rassemblements extérieurs, mais certains partenariats seront peut-être créés avec la Ville, qui compte animer le centre-ville cet été.