Sur les traces d’une pionnière

André Lavoie Collaboration spéciale
Cœur votif (objet de remerciement à la suite d’un vœu exaucé, d’une guérison ou d’une grâce obtenue) de la part du collège Sainte-Marie. Fabriqué en 1876, cet objet fait partie de la collection de la congrégation de Notre-Dame, Site historique Marguerite-Bourgeoys.
Photo: Mathieu Rivard Cœur votif (objet de remerciement à la suite d’un vœu exaucé, d’une guérison ou d’une grâce obtenue) de la part du collège Sainte-Marie. Fabriqué en 1876, cet objet fait partie de la collection de la congrégation de Notre-Dame, Site historique Marguerite-Bourgeoys.

Ce texte fait partie du cahier spécial Musées

« Les gens ne la connaissent pas, ou ont tendance à l’oublier », regrette Jean-François Royal, directeur général du Site historique Marguerite-Bourgeoys, espace diversifié au cœur du Vieux-Montréal consacré à celle qui fut canonisée en 2005, femme de foi, de tête et de cœur arrivée de France pour s’installer à Ville-Marie en 1653.

Aux côtés de Paul de Chomedey de Maisonneuve, alors gouverneur, et de Jeanne Mance, fondatrice de l’Hôtel-Dieu, Marguerite Bourgeoys a activement participé à la fondation de la colonie, contribuant à l’éducation des enfants et des femmes, accueillant les Filles du roi, en plus de construire la première chapelle en pierre de Montréal en 1675.

Toutes ces réalisations sont célébrées au site historique, pendant longtemps nommé musée (« On a décidé de changer pour illustrer de façon plus claire l’ensemble de notre offre culturelle, historique et archéologique », précise le directeur général). Il est possible d’y visiter la chapelle de Notre-Dame-de-Bon-Secours, construite après celle édifiée par Marguerite Bourgeoys, vestiges pour le moment inaccessibles à l’heure de la distanciation physique.

Un anniversaire à repenser

La fondatrice de la Congrégation de Notre-Dame est née en 1620 à Troyes. Toute une série d’activités devait marquer son 400e anniversaire de naissance, mais la pandémie mondiale a entraîné quelques modifications. Parmi les événements importants des festivités toujours à l’affiche, le renouvellement de l’exposition permanente, car la précédente était en place depuis 1998. « Nous proposons maintenant une Marguerite 2.0, souligne avec fierté Jean-François Royal, et invitons les visiteurs à découvrir une femme qu’ils pensent connaître. » L’inauguration était prévue le 7 mai dernier, mais c’est finalement le 22 juin, lors de la réouverture officielle des lieux, que le public pourra déambuler dans les salles de l’exposition Osez Marguerite.

Tout au long du parcours, où chaque texte de présentation débute par un verbe d’action, les diverses facettes de la vie et de l’œuvre de Marguerite Bourgeoys bénéficieront d’un nouvel éclairage. Cela permettra de mieux comprendre ce qui guidait « la femme d’action, l’avant-gardiste, celle qui a fait pas moins de sept traversées de l’Atlantique », précise le directeur général. Tout cela pour assurer le développement de ce qui deviendra Montréal.