Quartier des spectacles: si vous déconfinez, ils viendront sûrement

Pour plus de 60% du public cible de ce quartier culturel autour de l’axe Saint-Laurent et Sainte-Catherine, il serait très ou assez probable qu’ils reviennent sur place pour certains types de sorties.
Photo: Adil Boukind Le Devoir Pour plus de 60% du public cible de ce quartier culturel autour de l’axe Saint-Laurent et Sainte-Catherine, il serait très ou assez probable qu’ils reviennent sur place pour certains types de sorties.

Un sondage Léger mené auprès des habitués du Quartier des spectacles, à Montréal, montre qu’une majorité forte d’entre eux serait prête à revenir sur les lieux pour consommer certains types d’activités culturelles une fois les mesures de confinement levées. Si ce retour — que les chiffres montrent progressif — ne semble pas déterminé par des enjeux financiers, il est intimement lié aux mesures sanitaires qui seront mises en place.

Pour plus de 60 % du public cible de ce quartier culturel de Montréal, il serait donc très ou assez probable qu’ils reviennent sur place pour certains types de sorties, dont aller au restaurant (79 %), prendre part à une activité de petite ou moyenne envergure à l’extérieur (71 %) ou assister à un spectacle dans une petite salle (68 %). Ils sont 65 % des répondants ciblés à être prêts à aller au musée ou dans une galerie, et 65 % à aller au cinéma.

« Franchement je ne m’attendais pas à des chiffres comme ceux-là, je m’attendais à une moindre proportion », note Monique Simard, la présidente du conseil d’administration du Partenariat du Quartier des spectacles (PQDS), qui estime les résultats « encourageants ». Elle souligne notamment que le coup de sonde a été fait du 15 au 19 mai, « une période où on était dans une incertitude totale » quant au déconfinement en général et de la culture en particulier.

76%
C’est la part des habitués qui seraient plus enclins à acheter des billets dans les prochains mois si ceux-ci étaient facilement annulables ou remboursables.

Le sondage Web a été fait auprès de 2144 habitants de la métropole et de ses banlieues limitrophes, mais l’analyse se concentre surtout sur 500 d’entre eux, appelés les « habitués », soit les répondants qui ont déjà participé à plus de trois activités dans le Quartier des spectacles. Ce choix permet « d’aller chercher des réponses plus précises sur ces gens qui viennent déjà nous voir et de comprendre s’ils veulent revenir », note Nathalie Bertram, conseillère marketing et communication au PQDS.

Le sondeur Léger précise qu’il n’y a pas de marge d’erreur applicable aux sondages réalisés en ligne, mais qu’« à titre comparatif, un sondage auprès d’un échantillon probabiliste similaire aurait une marge d’erreur de 2,1 % ».

« Élément déterminant »

Les habitués du Quartier des spectacles étaient plus frileux à l’idée de fréquenter des activités à grand déploiement, illustre toutefois le sondage. Quelque 40 % des répondants estimaient qu’il était très ou assez probable de les voir à un spectacle en salle dans laquelle les spectateurs sont debout, un pourcentage qui s’établit à 46 % pour les bars, à 54 % pour les festivals, et à 58 % pour les spectacles dans de grandes salles de plus de 250 personnes assises. « Ce ne sont pas des résultats faibles en soi, note Mme Bertram, mais d’un point de vue perceptuel, on voit que les gens sont moins pressés d’aller dans des événements où ils ont moins le contrôle avec la foule. »

 
63%
C’est la proportion des habitués qui estiment que le fait d’être invités par un ami aura une influence sur leur décision de participer à une activité culturelle.

En ce sens, le délai estimé avant de participer à une activité une fois que les règles de confinement seraient levées est plus grand pour les grands concerts en salles que pour les restaurants. Par exemple, 61 % des habitués iraient au restaurant dans le premier mois, alors que 26 % attendraient de trois à six mois. Par contre, seulement 30 % des répondants retourneraient dans le premier mois dans un spectacle en salle dans laquelle les spectateurs sont debout. Un autre 34 % attendrait de trois à six mois, et 18 % ne reviendraient pas avant l’arrivée d’un vaccin.

Selon Nathalie Bertram, « les mesures sanitaires sont un élément déterminant », et elles devront être « rassurantes et bien communiquées ». Le sondage montre d’ailleurs que les raisons financières arrivent en fin de peloton des influences sur les futurs spectateurs, alors que ce qui a un effet positif sur les répondants est la disponibilité de désinfectant à plusieurs endroits dans l’établissement (83 %), la désinfection des salles, aires communes et toilettes après chaque passage (82 %), un contrôle de la file d’attente pour faire respecter la distance de deux mètres (74 %) et le port du masque par le personnel d’accueil (71 %) et par le public (64 %).

 
41%
C’est le pourcentage des répondants habitués qui achèteraient quand même un billet si le prix était augmenté afin de garantir un environnement sanitaire plus sécuritaire.

« On est en plein défi des espaces publics extérieurs, le nôtre, mais aussi le centre-ville élargi, explique Monique Simard. Ça nous aide à mieux comprendre ce qui est essentiel pour les gens, pour retrouver leur confiance. »

Le sondage Léger s’est aussi penché sur le visionnement de prestations culturelles en ligne. Sur l’échantillon total de 2144 répondants, 42 % se sont prêtés au jeu de l’œuvre virtuelle, un pourcentage qui tourne autour des 60 % pour les habitués. Quelque 73 % des gens se sont dits satisfaits de leur expérience, sauf que 76 % de ceux qui ont tenté le coup ne vont pas privilégier cette approche quand il sera possible de retourner en salle.

Le Partenariat du Quartier des spectacles est un organisme à but non lucratif qui regroupe 85 membres actifs, dont une trentaine de salles sur un territoire d’un kilomètre carré autour de l’axe Saint-Laurent et Sainte-Catherine.

Un coup de sonde au Canada

Un sondage téléphonique mené à l’échelle canadienne auprès de 1001 répondants par Nanos Research montre qu’« il est clair qu’une partie de la population canadienne est prête à fréquenter les organisations artistiques dès qu’elles rouvriront leurs portes et désire de nouveau vivre les arts en direct », estime la présidente et chef de la direction d’Affaires / Arts, Nichole Anderson Bergeron, qui chapeaute le coup de sonde avec le Conseil des arts du Canada. Le sondage mené du 17 au 19 mai montre que 26 % des participants comptent assister à des activités culturelles intérieures dès la réouverture des établissements. Ce ratio passe à 39 % pour les activités culturelles à l’extérieur et à 30 % pour les musées et les galeries. Le sondage montre aussi que 50 % des participants affirment avoir regardé un événement artistique ou culturel en ligne, ou avoir pris part à une visite virtuelle d’un musée depuis le début de la pandémie.


À voir en vidéo