La Place des Arts sans billets

Isabelle Delorme Collaboration spéciale
Le groupe Le Vent du Nord, en performance sur la nouvelle «scène cachée»
Photo: Place des Arts Le groupe Le Vent du Nord, en performance sur la nouvelle «scène cachée»

Ce texte fait partie du cahier spécial La culture dans votre salon

Comment réinventer les spectacles en période de confinement ? La Place des Arts a choisi d’offrir à son public des rendez-vous virtuels gratuits, liés à l’actualité ou à ce qui était prévu au calendrier. L’objectif : faire du bien et préserver le lien entre les artistes et le public.

C'est principalement sur sa page Facebook et dans son infolettre hebdomadaire que l’organisme offre ses nouveaux rendez-vous pour vibrer en communauté — virtuellement — autour d’œuvres et de projets artistiques.

La mise en ligne a commencé par les « performances qui font du bien », ressorties des archives. « Nous partageons des performances d’artistes qui sont passés chez nous — comme Dumas, Yann Perreau, Pierre Flynn et bien d’autres — et qui font du bien », lance Joanne Lamoureux, directrice des communications et du marketing à la Place des Arts. À découvrir aussi sur les réseaux sociaux du complexe culturel, les trouvailles repérées sur le Net dans les contenus diffusés par ses partenaires.

Pour les 10-17 ans, la société a également ressorti sa série Web Si j’avais un tech, qui met en vedette l’humoriste Mehdi Bousaidan. Avec son personnage Malik — un youtubeur qui s’est perdu dans les coulisses de la Place des Arts —, les jeunes découvrent des métiers de la scène dans l’ombre comme le chorégraphe, le régisseur ou l’accessoiriste.

Une nouvelle scène pour honorer le programme

Pas de fauteuils numérotés dans la nouvelle « scène cachée », mais un contenu exclusif réalisé par des artistes pour la Place des Arts depuis leur lieu de confinement. Le groupe Boussaroque, Amélie Brindamour et François Lavallée ont ainsi pu partager leur talent en ligne. Le prochain rendez-vous est pris avec Daniel Boucher, qui aurait dû se produire en salle le 14 mai et qui sera plutôt en ligne d’ici la fin de la semaine prochaine.

Car l’organisme essaie d’honorer autant que possible son calendrier d’événements, comme Le printemps écossais, qui devait prendre l’affiche au mois d’avril. « Nous avons regroupé des artistes qui devaient se produire à la Place des Arts, et nous les avons présentés virtuellement. Nous avons notamment monté et diffusé des vidéos de performances spéciales du groupe Le Vent du Nord, qui ont été très appréciées », explique Joanne Lamoureux.

Spectateur, le public pourra aussi bouger de son canapé avec la mise en ligne de Hors les murs, qui devrait se tenir dans la rue. Des performances, mais aussi des leçons de danse et de chant, seront proposées gratuitement au public au mois de mai. Il faudra peut-être prévenir les voisins…

Des succès et des défis

« Le taux d’engagement sur notre page Facebook a augmenté de 65 % ces dernières semaines, se réjouit Marie-Claude Lépine, gestionnaire des communications à la Place des Arts. Il y a une soif pour du contenu original, et ce qui a été créé sur mesure avec les artistes fonctionne vraiment bien, car cela crée une proximité avec eux. »

Le complexe fait néanmoins face à des défis importants. « Nous ne diffusons pas actuellement l’entièreté d’un spectacle, mais nous nous adaptons. Il faut être très agile dans une situation comme celle-ci », commente Johanne Lamoureux en cette période où l’institution se prépare habituellement à accueillir les festivals estivaux sur scène. En attendant le retour du réel, la Place des Arts n’a pas tiré sa révérence, et c’est bon pour le moral.