Rencontre «réjouissante» entre Québec et le milieu culturel

La ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir La ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy

Un rassemblement certes virtuel, mais « presque historique » par son ampleur : la consultation que le gouvernement Legault a menée lundi auprès d’une douzaine d’acteurs centraux du milieu culturel québécois a été reçue comme une bouffée d’air frais par ceux-ci.

« On a eu plus de deux heures avec les ministres de la Culture [Nathalie Roy], mais aussi des Finances [Eric Girard], de l’Économie [Pierre Fitzgibbon], du Travail [Jean Boulet], de même que le président du Conseil du trésor [Christian Dubé] pendant un moment : c’est vraiment réjouissant », résumait en fin de journée Solange Drouin, directrice générale de l’ADISQ, qui représente l’industrie du disque et du spectacle.

Très heureuse de la discussion de lundi, Hélène Messier, présidente-directrice générale de l’Association québécoise de la production médiatique, a pour sa part qualifié l’ampleur de cette rencontre d’« exceptionnelle ». « C’est presque historique comme rassemblement, disait-elle. On avait tous les interlocuteurs qu’il fallait pour prendre les meilleures décisions. »

La préoccupation fondamentale était de déterminer « comment relancer les secteurs en protégeant la santé des travailleurs et du public, dit Mme Messier. Et on a pu expliquer à tour de rôle comment on envisageait la reprise ».

Selon nos informations, la rencontre a notamment réuni les grands syndicats d’artistes et de techniciens (UDA et AQTIS), le Regroupement québécois de la danse, le producteur Evenko et l’Association nationale des éditeurs de livres : les 11 invités représentaient ainsi les principaux secteurs de l’activité culturelle québécoise… et un bon volume de son apport économique.

Un plan à géométrie variable

Attendue de pied ferme par un milieu très inquiet des répercussions de la crise de la COVID-19, la discussion s’est avérée « positive et rassurante », soutient Pierre Blanchet, directeur des communications à l’Union des artistes (UDA). Sans commenter en profondeur les discussions, il s’est dit heureux de la tenue même d’une rencontre, qui a « permis aux représentants des différents milieux culturels de s’exprimer auprès du gouvernement concernant l’avenir du secteur culturel, en tenant compte de la pandémie actuelle et d’un éventuel retour au travail ».

D’après Solange Drouin, le gouvernement « réfléchit à un plan particulier [de soutien] pour le secteur de la culture. On nous a dit que ce serait à géométrie variable, une idée que j’aime beaucoup : ça va effectivement prendre de la souplesse dans les mesures, tu ne peux pas traiter tous les secteurs de la même façon », notamment parce que les enjeux sanitaires sont différents d’un secteur à l’autre, estime-t-elle.

Plusieurs ont mentionné aux ministres présents que le soutien annoncé par le gouvernement fédéral devra être bonifié par le provincial — surtout si la crise se prolonge.

De même, on a insisté sur l’importance pour Québec d’accompagner la reprise éventuelle (et graduelle) des activités d’un solide plan de promotion de la culture.

À Québec, les cabinets de Mme Roy et de M. Girard ont indiqué que la rencontre fait partie des « appels de consultation [que le gouvernement mène] auprès de divers secteurs afin de connaître les besoins propres à chacun et les meilleures pratiques pour une reprise éventuelle ». Mais on ne commente pas au-delà le contenu de ces discussions.