«Endzone: A World Apart»: après la fin du monde

Whisper Games

Quand on compare, on se console. Que sont quelques semaines (ou quelques mois) de confinement lorsque mises en contraste avec 150 ans passés dans un bunker sous-terrain ?

C’est ce qu’ont dû vivre les personnages du jeu de gestion Endzone : A World Apart, arrivé en accès anticipé au début du mois, après qu’un « groupe terroriste » eut causé un accident nucléaire planétaire forçant les quelques survivants à vivre comme des taupes.

Combien de séries Netflix ont-ils visionnées en rafale ? Ont-ils appris à faire leur propre pain en direct sur Instagram ? Ont-ils repeint et décoré leur bunker jusqu’à en perdre la tête ? On ne saura pas comment ils auront occupé leur isolement collectif, car le jeu démarre à sa fin. Un nouveau départ pour l’humanité.

Le but de ce très jeune jeu du studio indépendant allemand Gentlymad est de recommencer un semblant de vie normale après l’apocalypse.

À peine sortis de notre trou, nous devrons en priorité trouver de l’eau et de la nourriture. De retour à l’étape du chasseur-cueilleur, donc. Mais vient rapidement le besoin de construire des abris convenables et de semer des haricots, du blé ou du maïs. Arrivera plus tard l’étape de retrouver quelques éléments de confort de la vie moderne : infirmerie, centrale à énergie solaire et, oui, taverne.

Mais encore faut-il que notre communauté survive jusque-là. Qui l’eût cru ? La planète, après avoir subi les changements climatiques et une bonne dose de radiations, n’est plus celle que l’on connaît. Notre colonie doit donc endurer sa colère. Arrivent, à intervalles irréguliers, sécheresses et tempêtes radioactives qui, si l’on ne gère pas ses stocks de nourriture, d’eau et d’équipement de protection avec assez de prévoyance, peuvent aisément anéantir tous nos efforts.

Au cours de l’une de nos parties, par exemple, notre communauté entière, formée d’une cinquantaine de colons bien nourris, a tellement été irradiée que ses membres sont tous devenus stériles avec le temps. Sans possibilité de se renouveler, car incapable d’avoir des enfants, notre petite collectivité s’est rapidement réduite comme peau de chagrin.

À la fin de la partie ne restait que Dan, notre dernier survivant. Canne à pêche à la main, seul au bord du lac bordant son village, un refrain bien connu des Cowboys Fringants nous est venu en tête.

Soyons francs, Endzone n’est pas un jeu terminé et ça se voit. Il est même parfois injuste, car certaines de ses mécaniques sont déséquilibrées. Ses développeurs promettent d’ajuster le tir avec des mises à jour régulières.

Mais déjà, la proposition est prometteuse : le jeu est très, très beau et, même s’il n’a pas encore de fil narratif explicitement intégré, des histoires percutantes, comme celle de Dan, sont capables d’en émerger spontanément… si le joueur décide d’y mettre un peu du sien.

Endzone: A World Apart

Conçu par Gentlymad Studios et édité par Whisper Games. Offert pour environnement Windows 10 seulement (Steam et GOG) en accès anticipé.