Des artistes se disent confiants de s'en sortir

61% des répondants, toutes disciplines confondues, ont affirmé que le milieu pourra surmonter la crise avec l’aide du gouvernement.
Photo: Justin Tang La Presse canadienne 61% des répondants, toutes disciplines confondues, ont affirmé que le milieu pourra surmonter la crise avec l’aide du gouvernement.

Mis sur pause en raison de la pandémie du coronavirus, le milieu des arts ne baisse pas les bras. La majorité des artistes et des organisations culturelles du Canada croient pouvoir surmonter la crise grâce aux mesures d’aide du gouvernement fédéral, révèle un sondage publié lundi et dont Le Devoir a obtenu copie. Mais plusieurs auront besoin de davantage d'aide. 

Réalisé la semaine dernière par le Conseil des arts du Canada (CAC) en collaboration avec Forum Research Inc., le sondage voulait vérifier si les acteurs du milieu avaient pris connaissance des mesures d’aides d’urgence présentées par le gouvernement Trudeau fin mars et s’ils comptaient faire une demande — ou avaient déjà fait — pour en bénéficier.

Ainsi, 61 % des répondants, toutes disciplines confondues, ont affirmé que le milieu pourra surmonter la crise avec l’aide du gouvernement. Une nouvelle encourageante, selon Simon Brault, directeur et chef de la direction du CAC, considérant que le secteur des arts est un des plus touchés par la crise actuelle et risque d’être le dernier à revenir à la normale.

« Les réponses au sondage montrent que c’est un milieu très résilient et combatif, qui ne va pas se laisser abattre. Le milieu est au courant des mesures et compte en profiter autant que possible », se réjouit Simon Brault.

Selon le sondage, 43 % des personnes interrogées ont déjà fait ou comptent faire une demande pour recevoir la Prestation canadienne d’urgence. Parmi les 57 % qui ne comptent pas faire cette demande, 35 % disent ne pas en avoir besoin, 36 % pensent ne pas y avoir droit, 21 % ont donné d’autres raisons et 7 % estiment manquer d’informations.

Les réponses au sondage montrent que c’est un milieu très résilient et combatif, qui ne va pas se laisser abattre

 

Du côté des organismes, pas moins de 41 % d’entre eux — surtout ceux ayant des revenus supérieurs à un million de dollars — ont fait où comptent faire une demande de Subvention salariale d’urgence du Canada (SSUC), qui permet de couvrir jusqu’à 75 % du salaire des employés. Parmi ceux qui ne vont pas se prévaloir de cette mesure d’aide, seulement 7 % des organismes ont indiqué que c’était parce qu’ils allaient cesser leurs activités à cause de la pandémie.

Quant au Compte d’urgence pour les entreprises canadiennes (CUEC), conçu pour faciliter les prêts aux entreprises et aux organismes sans but lucratif, seuls 16 % des répondants prévoient y avoir recours.

Plus d’aide

Cependant, si une partie du secteur aura vraisemblablement la capacité de rebondir après la crise, plusieurs organismes risquent de ne pas survivre sans mesure supplémentaire, croit M. Brault.

Il donne l’exemple des nombreux organismes qui dépendent de travailleurs autonomes plutôt que d’employés salariés et ne peuvent donc pas bénéficier de la SSUC. Difficile dans ce cas de maintenir un lien d’emploi avec ces travailleurs.

C’est sans parler des organismes de petite taille qui n’ont pas assez d’actifs pour emprunter, grâce au CUEC, mais doivent pourtant continuer à payer un loyer ou des coûts liés à l’entretien des lieux, à la production et à la diffusion.

Actuellement, les arts de la scène et les arts visuels sont les plus touchés, selon M. Brault, mais les milieux de l’édition et du théâtre, par exemple, ne sont pas à l’abri d’un effondrement. « La saison d’automne pourrait être compromise si les comédiens ne peuvent même pas répéter cet été et si les écrivains ne peuvent pas faire de lancements pour leurs livres. »

Le directeur du CAC appelle ainsi à davantage de mesures de soutien de la part du gouvernement fédéral pour « prévenir un effondrement trop important du secteur, d’autant plus si la crise se prolonge ».

Envoyé à 30 000 artistes et organisations, le sondage a été rempli par plus de 7500 personnes en seulement 48 heures, ce qui a permis d’élaborer un rapport préliminaire et d’offrir un premier aperçu de la situation. Un rapport plus complet devrait être publié prochainement.