Les artisans veulent faire partie de la relance économique

Au cours des dernières semaines, le Conseil des métiers d’art du Québec a mené un sondage auprès de ses membres pour évaluer les pertes liées à la crise du coronavirus.
Photo: Getty Images Au cours des dernières semaines, le Conseil des métiers d’art du Québec a mené un sondage auprès de ses membres pour évaluer les pertes liées à la crise du coronavirus.

Largement implantés en région, loin des grands centres, les artisans du Québec souhaitent faire partie de la relance économique du Québec vers les produits locaux.

« C’est bien d’acheter une laitue du Québec, c’est bien aussi de la servir dans un bol fait au Québec », lance Chantal Poirier. Artisane installée à Saint-Ulric, à la frontière de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent. Chantal Poirier, qui siège aussi au conseil d’administration de Métiers d’art du Bas-Saint-Laurent, a fondé la compagnie Out, qui fabrique des objets de tous les jours en cuir et en textile.

Le Conseil des métiers d’art, qui regroupe quelque 1300 artisans du Québec, faisait valoir sous forme de communiqué mercredi que ses membres étaient aussi affectés par la crise du coronavirus, et qu’ils craignaient de ne pas être admissibles aux mesures de compensation adoptées par les gouvernements.

« Ils ont des réalités multiples, de micro, de petite ou de moyenne entreprise », disait mercredi le directeur du Conseil des métiers d’art du Québec, Julien Sylvestre.

Déjà, deux importants salons permettant d’écouler la marchandise des artisans, à Toronto et à Ottawa, ont été annulés. On craint pour le festival Plein Art, qui doit se tenir en août à Québec, et qui peut réunir 165 000 personnes. Et c’est sans parler des multiples petits marchés locaux, où les artisans écoulent leur marchandise.

Clientèle diminuée

Chantal Poirier le reconnaît, les produits d’artisans sont souvent plus chers. Et une récession pourrait mettre à mal le portefeuille de ceux qui avaient jusqu’alors les moyens d’en acheter.

De plus, la clientèle des boutiques d’artisans québécois est largement composée de touristes, qu’ils soient québécois ou internationaux. Dans ce contexte de fermeture des commerces, des inventaires, qui pourraient se vendre en ligne, demeurent coincés dans les boutiques derrière des portes closes.

Au cours des dernières semaines, le Conseil des métiers d’art du Québec a mené un sondage auprès de ses membres pour évaluer les pertes liées à la crise du coronavirus.

Même si les résultats n’en sont pas encore connus, Julien Sylvestre parle de « pertes de plusieurs milliers de dollars par semaine » établies par famille.

Certains artisans craignent également de ne pas avoir accès aux aides gouvernementales s’ils offrent aussi un service de vente en ligne.

Pour Chantal Poirier, le printemps est typiquement une période de création et de préparation pour la saison touristique. Mais cette période productive doit connaître un exutoire, et elle craint déjà que la crise du coronavirus n’ait des répercussions jusqu’à Noël.