Québec pourrait aussi devancer son financement au milieu culturel

Les artistes qui sont à forfait ou les travailleurs autonomes sont invités à avoir recours à l’aide d’urgence de 2000$ par mois offerte par le gouvernement fédéral.
Photo: iStock Les artistes qui sont à forfait ou les travailleurs autonomes sont invités à avoir recours à l’aide d’urgence de 2000$ par mois offerte par le gouvernement fédéral.

Québec prend acte de la fragilité du milieu culturel pendant la crise du coronavirus et pose un premier geste, avançant la possibilité de devancer les versements prévus des subventions au fonctionnement pour permettre aux compagnies et aux entreprises de ne pas fermer leurs portes définitivement.

Divers échanges, dont certains virtuels, ont eu lieu à cet effet en début de semaine avec des représentants du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), et le ministère de la Culture et des Communications, selon nos sources.

Dans le cas du Conseil des arts et des lettres du Québec, ces avances totaliseraient la somme de 36 millions, selon nos sources, et constitueraient 50 % des subventions annuelles. Dans le cas des subventions accordées directement par le ministère de la Culture et des Communications, c’est le cas des musées par exemple, ces sommes représenteraient environ 25 % des prévisions annuelles.

La SODEC a annoncé sur son site quelques mesures, dont le devancement des versements de subventions de certains programmes habituels, le versement anticipé des deuxièmes tranches de subventions dans d’autres programmes et le report de trois mois du remboursement des prêts en capital et en intérêts. Joints mardi par Le Devoir, ni la SODEC ni le CALQ n’ont souhaité faire de commentaire.

Déjà très éprouvé par la crise du coronavirus, le milieu culturel québécois risque d’en subir les retombées durant de très longs mois.

Par exemple, les campagnes de financement qui soutiennent les compagnies comme les diffuseurs pluridisciplinaires se tiennent traditionnellement au printemps. Elles seront vraisemblablement annulées.

Les salles devront également assurer des remboursements de billets aux clientèles qui les réclament. De plus, plusieurs de ces salles comptent largement sur du financement autonome, de commandites, de billetterie, ou de campagnes de financement, parfois dans une proportion de 95 %, relève Julie-Anne Richard, directrice générale de RIDEAU, une association qui rassemble de nombreux diffuseurs de spectacle.

Du côté du ministère de la Culture et des Communications, on refuse tout commentaire au sujet de ces mesures.

Préservation d’emplois

Contrairement au Conseil des arts du Canada, les organismes subventionnaires du Québec n’auraient pas mis en avant la nécessité pour les entreprises culturelles de préserver les liens d’emploi.

Les artistes qui sont à forfait ou les travailleurs autonomes sont invités à avoir recours à l’aide d’urgence de 2000 $ par mois offerte par le gouvernement fédéral. Les entreprises qui essuient des pertes supérieures à 30 % sont priées d’avoir recours à l’aide offerte aux entreprises pour payer le personnel.

« Le ministère de la Culture et des Communications ne souhaite pas commenter ses actions pour le moment et laisse la priorité aux messages du gouvernement en lien avec l’urgence sanitaire causée par la crise du coronavirus », a-t-on laissé savoir au bureau de la ministre Nathalie Roy.