L’incertitude règne chez les magazines

Pour l’ensemble des magazines canadiens, l’avenir est plus qu’incertain.
Photo: iStock Pour l’ensemble des magazines canadiens, l’avenir est plus qu’incertain.

Plusieurs magazines souhaiteraient être considérés comme des services essentiels pour pouvoir continuer d’être imprimés et distribués au Québec malgré l’arrêt commercial décrété par Québec.

C’est le cas notamment du magazine Québec science ou des magazines du groupe Les Débrouillards, qui s’adressent aux jeunes, notamment les titres Les Débrouillards, Les Explorateurs et Curium. Tous ces magazines offrent des activités éducatives pour les enfants et les adolescents.

Alors que Les Débrouillards ont terminé leur numéro d’avril juste à temps pour que les jeunes puissent le recevoir par la poste, le numéro d’avril-mai de Québec Science est terminé, mais coincé chez l’imprimeur Solisco, qui a dû cesser toute activité.

La rédactrice en chef de Québec science, Marie Lambert Chan, dit « travailler très fort » auprès du ministère de l’Éducation pour que le magazine soit reconnu comme un service essentiel. « Québec science est aussi un outil d’éducation, on sert du matériel pédagogique pour les 4e et 5e années du secondaire. On en tire des situations d’évaluation d’apprentissages qui sont offertes gratuitement sur notre site », dit-elle. Pendant ce temps, le magazine Le Bel Âge, qui s’adresse aux 55 ans et plus, a été considéré comme un service essentiel. Le dernier numéro du magazine a par ailleurs été imprimé en Ontario.

Le magazine, qui compte un million de lecteurs au Québec, dont 90 % par abonnement, s’est donné notamment pour mission de combattre l’isolement et offrira à partir de vendredi une plateforme, onjasetu.ca, qui permettra aux organismes consacrés aux personnes âgées de recruter des bénévoles, par exemple.

« On essaie d’offrir un accompagnement au quotidien », dit Aline Pinxteren, rédactrice en chef du Bel Âge. La rédaction reçoit quotidiennement des messages de lecteurs qui témoignent de leur isolement. « Il y a des gens qui n’ont pas l’Internet et qui ne savent pas comment s’y prendre, par exemple, pour commander une épicerie en ligne, comme on leur demande de le faire. »

 
16 M$
C’est la perte estimée de revenus de publicité et d’abonnements au cours des prochains mois.

Du côté de l’ensemble des magazines canadiens, l’avenir est plus qu’incertain, même si Magazines canadiens se réjouissait mercredi de l’annonce faite par Justin Trudeau de la mise sur pied d’un conseil consultatif indépendant sur l’admissibilité aux mesures fiscales, visant à venir en aide aux secteurs de l’édition et de l’information. Patrimoine canadien a également annoncé un processus simplifié pour avoir accès au Fonds du livre du Canada et au Fonds du Canada pour les périodiques.

Une enquête menée par Magazines Canada depuis le début de la crise, à laquelle 155 éditeurs ont répondu, indique qu’ils évaluent qu’ils perdront plus de 16 millions de dollars en revenus de publicité et d’abonnement au cours des prochains mois. Ils s’attendent à devoir mettre à pied 195 membres de leur personnel. On calcule qu’il y a environ 1800 magazines au Canada.

Pendant ce temps, à l’Association québécoise des éditeurs de magazine, on constate également une importante baisse de la distribution des magazines, plusieurs points de vente étant fermés.

Les évaluations pour voir si on est admis ou non dans la liste des services essentiels se font au « cas par cas », dit Nicolas Rondeau Lapierre, de la permanence de l’AQEM. Des magazines d’information comme L’actualité pourraient recevoir un traitement différent des magazines de loisirs ou de plein air, dit-il.

TC Transcontinental interrompt ses imprimeries

TC Transcontinental a annoncé mardi la mise à pied temporaire de 1600 employés de ses imprimeries, dans la foulée de l’arrêt décrété des activités reliées à des services non essentiels jusqu’au 13 avril. TC Transcontinental a indiqué qu’il maintenait ses activités liées à l’emballage dans le secteur alimentaire.