Durement éprouvé, le milieu culturel s’impatiente

Au lendemain de l’annonce de la fermeture des salles des spectacles le 12 mars, une «réunion d’urgence» se tenait entre divers organismes du milieu culturel. Mais depuis, aucune mesure touchant les artistes qui ont perdu tous leurs contrats n’a été annoncée à Québec.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Au lendemain de l’annonce de la fermeture des salles des spectacles le 12 mars, une «réunion d’urgence» se tenait entre divers organismes du milieu culturel. Mais depuis, aucune mesure touchant les artistes qui ont perdu tous leurs contrats n’a été annoncée à Québec.

La Guilde des musiciens et des musiciennes du Québec attend impatiemment des mesures de soutien pour les musiciens qui ont perdu des contrats dans la crise du coronavirus, et qui n’ont aucun revenu pour survivre.

Le ministère de la Culture et des Communications et le gouvernement du Québec ont exprimé « la volonté de nous aider », a dit le président et directeur général par intérim de la Guilde, Luc Fortin, « mais on ne sait pas quelle forme ça va prendre ».

Déjà, au lendemain de l’annonce gouvernementale de la fermeture des salles des spectacles le 12 mars, une « réunion d’urgence » se tenait entre divers organismes représentant la culture et le ministère de la Culture et des Communications. Mais depuis, aucune mesure touchant les artistes qui ne sont ni malades ni en quarantaine, mais qui ont perdu tous leurs contrats n’a été annoncée à Québec.

À Ottawa, « il va y avoir des mesures au fédéral pour les travailleurs autonomes privés de contrat, dit M. Fortin. Ce sont des mesures d’urgence pour les travailleurs qui ne sont pas admissibles à l’assurance-chômage ».

Cette mesure de soutien sera administrée par Revenu Canada. « On s’attend à avoir des formulaires cette semaine », dit M. Fortin. Mais jusqu’à présent, aucun programme en ce sens n’a été annoncé par Québec.

La Guilde dit espérer que les spectacles, qui étaient financés par des subventions provenant du Conseil des arts et des lettres du Québec ou par la SODEC, puissent obtenir une compensation équivalant aux revenus de billetterie attendus pour rembourser les artistes.

Pendant ce temps, la Guilde des musiciens et des musiciennes du Québec procède à une collecte de données auprès des musiciens membres et non membres pour tenter d’évaluer l’ampleur des dégâts.

C’est dans le monde de la musique populaire que les musiciens sont les plus touchés.

La Guilde calcule que la valeur des contrats annulés dans ce secteur pourrait atteindre 350 000 $, même si ces chiffres ne sont pas finaux. « Et ça ne compte pas les chanteurs. » « Il y a des spectacles qui sont annulés jusqu’au mois de juin », dit-il.

« Même les Francos de Montréal sont compromises », dit Luc Fortin. Cet événement est prévu au début du mois de juin.

L’après-crise

Dans le domaine de la musique classique, tous les événements ont aussi été annulés. Certains orchestres, dont l’Orchestre symphonique de Montréal et l’Orchestre Métropolitain, ont pu payer leurs membres pour quelques semaines, précise M. Fortin. Mais ce n’est pas le cas d’autres ensembles qui ont les reins moins solides. On assure alors des paiements allant jusqu’au tiers des contrats initiaux. « On a quinze orchestres au Québec », dit-il.

Pendant ce temps, des rencontres se poursuivaient concernant l’administration de certains fonds, dont celui de 500 000 $ accordé par Netflix à la Fondation des artistes, qui regroupe notamment le Fonds Jean-Carignan d’aide aux musiciens.

Mais, pour Luc Fortin, cette crise met en lumière l’urgence de réfléchir à la notion de revenu minimum garanti.

Par ailleurs, l’après-crise pourrait également apporter des lendemains qui déchantent pour l’industrie du spectacle culturel.

Les consommateurs pourraient en effet perdre l’habitude de sortir voir des spectacles. « Il va falloir faire des grosses campagnes de promotion », dit-il.