Le pianiste du John Coltrane Quartet n’est plus

<p>McCoy Tyner, est décédé vendredi à l’âge de 81 ans.</p>
Photo: Rafa Rivas Agence France-Presse

McCoy Tyner, est décédé vendredi à l’âge de 81 ans.

L’un des plus influents pianistes de jazz de sa génération, Alfred « McCoy » Tyner, est décédé vendredi à 81 ans. La nouvelle a été annoncée par sa famille sur sa page Facebook. Aucun détail n’a été donné sur les circonstances du décès.

Bien qu’il ait été membre d’ensembles connus à la fin des années 1950, dont le Jazztet de Benny Golson et Art Farmer, c’est en devenant à 21 ans le pianiste du mythique quatuor du saxophoniste John Coltrane que McCoy Tyner s’est taillé une place de choix dans le panthéon du jazz moderne. La présence de McCoy Tyner, compositeur tout autant que pianiste virtuose, dans ce quatuor de 1960 à 1965 est l’un des éléments-clés qui a fait de cet ensemble un des incontournables du jazz de l’époque. John Coltrane disait de lui qu’il avait un son unique en raison d’un phrasé qui donnait une clarté inhabituelle aux progressions harmoniques, ce qui lui permettait d’improviser au saxophone sans se soucier de l’harmonie.

Influencé par les pianistes Bud Powell, Art Tatum et Thelonious Monk, McCoy Tyner a développé sa propre approche harmonique, exploitant les accords avec la main gauche au centre du clavier. Son phrasé, à la fois riche et aéré, et sa touche à la fois percussive et lyrique allaient faire de lui une référence pour le piano jazz moderne.

La présence de McCoy Tyner au sein du John Coltrane Quartet lui permettra en décembre 1964 d’être au coeur d’un des chefs-d’oeuvre de l’histoire du jazz, l’album A Love Supreme, qui allait paver la voie au passage de Coltrane vers le free jazz. Tyner, beaucoup plus lyrique, allait choisir peu de temps après d’aller dans sa propre direction, avec un succès mitigé dans les premières années. Cependant, sa carrière allait retrouver son lustre à partir de 1972, lorsqu’il fut mis sous contrat par l’étiquette Milestone, plusieurs albums marquants jalonnant sa carrière par la suite.

McCoy Tyner est l’un des rares pianistes de cette génération à avoir boudé le piano électrique ou les claviers électroniques, affirmant que le piano acoustique était comme une extension de son corps, mais sa musique a constamment mêlé les esthétiques du jazz modal et du hard bop, avec de fréquents éléments de jazz fusion et de free jazz.