Les flâneurs

Christian Saint-Pierre
 

Leur été avec Brassard

En 2018, le réalisateur Claude Fournier et la productrice Marie-José Raymond ont passé 22 fois une heure en compagnie d’André Brassard. Le résultat, Notre été avec André, est un film de 71 minutes qui tient moins du documentaire que de la confession. C’est le témoignage précieux d’un metteur en scène, réalisateur, directeur artistique et professeur inspiré et inspirant, mais aussi celui d’un homme en quête d’estime et en mal d’amour. Ce film sobre et sensible sera présenté, précédé de Françoise Durocher, waitress, réalisé par Brassard en 1972, au Cinéma Moderne le 4 mars et à la Cinémathèque les 11, 12 et 14 mars.

 


Yannick Marcoux
 

La poésie au plancher des vaches

Force est d’admettre qu’il ne reste plus grand-chose de la poésie transcendantale. Le vers contemporain produit de l’humus et contemple des cœurs de pomme. C’est du moins le constat que tire Vincent Lambert dans son essai Écrire vers le bas, paru dans la revue en ligne Recours au poème. Convoquant une cinquante d’œuvres, Lambert propose une analyse de la poésie québécoise, de l’héroïsme mironnien, qui « plongeait dans l’abîme pour nous en déprendre », à un prosaïsme du quotidien, cette « manière assumée d’habiter dans la brume ». Une étude bien menée, aussi divertissante qu’éclairante.

 


Ralph Elawani
 

Charlie Megira

Son amplificateur émettait encore du feedback lorsqu’on a découvert son corps. Énigmatique, photogénique, doté d’un faciès digne d’un Polaroid auquel Jarmusch inventerait une histoire, l’Israélien Charlie Megira aura fait 44 fois le tour du soleil avant de laisser dans son sillage une poignée de CD-R qui donnent à penser à la trame sonore qu’aurait composée Ricky Nelson pour Midnight Train s’il avait côtoyé Dirty Beaches. Vingt-quatre chansons de ce Prométhée de la guitare twang nous reviennent en vinyle, par l’entremise de l’étiquette Numero Group, avec un livret à la hauteur du personnage.

 


Amélie Gaudreau
 

Palmarès amoureux

Dans la pléthore de relectures qui peuplent nos écrans, la série High Fidelity (dans le volet Starz de Crave) se distingue par le changement de sexe de son personnage principal. Le propriétaire d’un magasin de disques, adepte de listes en tous genres et « gars ordinaire » récemment largué par sa douce du film de 2000 et du roman de Nick Hornby, prend ici les traits de l’« extraordinaire » Zoe Kravitz, qui convainc en belle désespérée ressassant ses amours anciennes. Cette comédie romantique modernisée vaut surtout le détour pour ses personnages secondaires épatants, beaucoup plus développés et porteurs que dans la version originale.