Les flâneurs

Odile Tremblay

Oedipe contemporain

Ceux qui ont raté la puissante pièce Sang du Suédois Lars Norén, mise en scène par Brigitte Haentjens à l’Usine C, peuvent se rattraper samedi, comme lors des supplémentaires des 18 et 19 février. Cette implacable relecture contemporaine du Œdipe roi de Sophocle nous éclate comme une bombe à la figure. Et le couple d’anciens socialistes (Christine Beaulieu et Sébastien Ricard), torturés jadis au Chili sous le régime de Pinochet, inconsolables d’avoir laissé leur enfant derrière, sous ses dehors respectables, cache une sexualité de commotion pure. Leurs liens érotiques avec un jeune homme (Émile Schneider) se fracasseront dans cette tragédie d’une force inouïe.

 


Amélie Gaudreau

À cheval

Étrange mais bel objet que ce drame coscénarisé par sa vedette, Alison Brie, et son réalisateur Jeff Baena (The Little Hours). Horse Girl raconte la plongée vers la folie d’une jeune femme fragile, éprise de son cheval d’enfance et d’une série télé fantastique bas de gamme, qui croit être le clone de sa grand-mère, qui souffrait également de problèmes de santé mentale. Cette chronique à la fois drôle et pathétique, qui rappelle à plusieurs égards les films de ses producteurs, les frères Duplass, intègre à merveille l’onirisme de son héroïne, à cheval entre deux mondes. Sur Netflix.


Valérie Duhaime

Elle s’appelle Chanel

En 2016, l’Américain Brock Turner, condamné pour agression sexuelle, recevait une peine de six mois d’emprisonnement, le juge ayant statué qu’il ne fallait pas trop punir ce jeune athlète brillant pour une erreur d’une quinzaine de minutes. La victime, surnommée Emily Doe pour préserver son anonymat, était une jeune femme brillante, au parcours interrompu par l’agression. Dans l’essai Know my Name, publié en septembre, elle reprend le contrôle de son histoire. Une lecture incontournable d’une transparence rare.


Ralph Elawani

William Gibson au Rialto

Après une poignée de nouvelles publiées en pleine déferlante punk, en 1984, l’écrivain William Gibson a fait, grâce à son roman Neuromancer, une entrée dans le champ littéraire plus fracassante que celle de l’ordinateur Macintosh. On doit à Gibson l’invention du terme cyberspace, ainsi que la mouvance cyberpunk. On lui doit aussi l’idée derrière des films comme Johnny Mnemonic, Alien 3 et New Rose Hotel, ainsi que deux épisodes de X-Files. Le jeudi 20 février, l’homme sera de passage au théâtre Rialto pour lancer son nouveau roman, Agency, en compagnie de l’écrivaine Natalia Yanchak.