Guilbeault promet une réponse rapide

«Nous avons pris l’engagement de déposer un projet de loi sur cette question-là dans la première année de notre mandat», a rappelé mercredi le ministre du Patrimoine canadien, Steven Guilbeault.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne «Nous avons pris l’engagement de déposer un projet de loi sur cette question-là dans la première année de notre mandat», a rappelé mercredi le ministre du Patrimoine canadien, Steven Guilbeault.

Le gouvernement Trudeau veut « prendre le temps de bien digérer » le rapport « colossal » du comité sur l’avenir des communications au Canada. Mais il promet du même souffle une réponse rapide aux nombreuses recommandations.

« Nous avons pris l’engagement de déposer un projet de loi sur cette question-là dans la première année de notre mandat », a souligné mercredi le ministre du Patrimoine canadien, Steven Guilbeault. « Je ne suis pas en mesure de vous dire exactement quand ce sera, mais il va falloir qu’on marche et qu’on mâche de la gomme en même temps. »

M. Guilbeault a indiqué qu’il « voit d’un bon oeil » plusieurs éléments du rapport, mais il n’a pas précisé lesquels. Il a toutefois parlé d’un « alignement clair » entre le gouvernement et le comité autour du principe voulant que toutes les entreprises doivent contribuer au financement et à la mise en valeur du contenu culturel canadien.

Sans commenter précisément le contenu du rapport Yale, Netflix a indiqué par communiqué être « prêt à travailler avec le gouvernement ». « Nous avons tous un rôle à jouer pour soutenir l’avenir du cinéma et de la télévision au Canada, a indiqué un porte-parole de l’entreprise américaine. L’industrie est florissante, nous allons continuer d’investir dans des productions et des histoires d’ici et de les faire voyager dans le monde entier. »

 

Le rapport a autrement eu des échos favorables, avec quelques critiques ici et là. La Chambre de commerce du Canada a notamment évoqué des recommandations « mal conçues » qui trancheraient avec l’approche retenue par d’autres pays du G7.

« Les recommandations des membres du comité, si elles sont mises en oeuvre, transformeront de façon profonde l’écosystème audiovisuel canadien », a pour sa part soutenu Hélène Messier, p.-d.g. de l’Association québécoise de la production médiatique (AQPM).

« Impact positif majeur »

Comme plusieurs autres, Mme Messier applaudit l’idée d’assujettir les plateformes numériques à un cadre réglementaire renouvelé. L’AQPM aurait par contre souhaité que les fournisseurs de services Internet soient tenus de verser une redevance pour financer le contenu canadien, ce qui n’est pas prévu par le comité.

L’ADISQ (industrie de la musique) a eu le même commentaire, tout en reconnaissant que les mesures du rapport « pourraient avoir un impact positif majeur pour le secteur de la musique ».

Directement concerné par les changements proposés, le CRTC a bien accueilli un « rapport exhaustif et solide » qui sera étudié avec « beaucoup d’intérêt ». « À première vue, il est évident que le groupe d’experts reconnaît que des changements fondamentaux doivent se produire afin que le CRTC soit en mesure d’agir dans l’intérêt public », a indiqué son président, Ian Scott.

Téléfilm Canada et le Fonds des médias du Canada (FMC) — deux organismes de financement que le comité Yale propose de fusionner — n’ont pas commenté directement cette hypothèse. Les deux ont dit avoir hâte de discuter avec leurs partenaires et le gouvernement.