Les flâneurs

Félix Deschênes 

« America’s Dad » n’est plus

Pourquoi les crimes sexuels de Bill Cosby ont-ils été si tardivement traduits en justice ? Dans le balado Chasing Cosby, du Los Angeles Times, la journaliste d’enquête Nicole Weisensee Egan s’attaque à la question, donnant la parole à plusieurs survivantes aux témoignages déchirants et illustrant l’hermétisme du système juridique américain. Sans être innovants par leur forme, les deux premiers épisodes diffusés cette semaine frappent tout de même fort, portant un dur coup à la réputation de « papa de l’Amérique » de l’humoriste qui droguait subrepticement ses victimes pour ensuite les agresser.


Odile Tremblay

Images noires

Parfois, des pépites brûlantes se déposent à Montréal. Ainsi, au Musée d’art contemporain, la vidéo du Californien Arthur Jafa, Love is the Message, the Message is Death. Avec l’hypnotique chanson hip-hop de Kanye West Ultralight Beam en fond sonore, des images décrivent les réalités des Afro-Américains durant plusieurs décennies. Attaques violentes par des policiers blancs, lynchages, moments tendres en famille, vedettes du sport et géants du jazz et du rythm’n’blues en suprématie, triomphe de l’élection d’Obama, extraits de films racistes ; le montage résonne comme un cri de colère et un chant d’espoir.


Caroline Montpetit

Le Fantôme est parmi nous

Ceux qui, comme moi, ne l’avaient jamais vu peuvent enfin l’admirer et surtout l’entendre, ce fameux Fantôme de l’opéra, incarné, en français, par le baryton Hugo Laporte, dans la version concert mise en scène par Étienne Cousineau. Le spectacle est présenté sans décors, ceux-ci ayant été endommagés dans un incendie au moment où on s’apprêtait à présenter cette version française en 2016 à Paris. Mais la présence de l’orchestre sur scène et le déploiement de costumes compensent amplement ce dépouillement. Après un séjour au Grand Théâtre, Le fantôme... revient au théâtre Saint-Denis fin janvier.


Stéphane Baillargeon

En mettre plein l’écran

La proposition est simple et pourtant toujours unique au monde : le festival de courts métrages Pleins écrans, entièrement dématérialisé, se déroule à nouveau sur facebook.com/pleinsecrans. Quatre films en compétition y apparaissent chaque jour, pour un total de 44 propositions pendant 11 jours. La mouture 2020 propose une rétrospective et une leçon de maître de Theodore Ushev et le film Brotherhood de la Montréalaise Meryam Joobeur, en nomination pour un Oscar. Les festivaliers peuvent échanger en direct avec des créateurs. On répète : c’est simple, efficace et passionnant.