Les flâneurs

Félix Deschênes 

Le meilleur du pire

Pour les Fêtes, Urbania nous offre un cadeau à la fois funeste et savoureux : la semaine dernière paraissait la deuxième saison de son balado Les pires moments de l’histoire, couvrant de ridicule ces personnages qui transcendent les époques et les cultures par leur abjection. Appuyée par un habillage sonore riche qui soutient les reconstitutions d’un passé immonde, la troupe de l’excellent Charles Beauchesne y décrit le massacre de la Saint-Barthélémy comme un mauvais numéro de slapstick et propose un succulent palmarès des princes les plus notoirement vils et/ou ineptes. À consommer goulûment !


Caroline Montpetit

C’est ici qu’elle a vécu

C’était en 1971. Luc Plamondon était un tout jeune homme et Monique Leyrac, déjà une star. Après leur rencontre, elle lui demande des chansons, écrites sur des airs de musique classique. Pour elle, il a écrit C’est ici que je veux vivre, de magnifiques paroles sur la somptueuse musique de Villa-Lobos, l’air de Bachianas Brasileiras no 5. Maintenant que la diva s’est éteinte, cette chanson donnera son nom à une exposition qui la célébrera cet été à Sutton, où elle a vécu ses dernières décennies. On peut la trouver sur l’anthologie rassemblée en 2007 : Leyrac, la diva des années 60.


Manon Dumais

Petite lecture des Fêtes

Les quatre filles du docteur March ressuscitant grâce à la réalisatrice Greta Gerwig (Lady Bird), le temps semblant suspendu entre Noël et le jour de l’An, l’époque étant propice à la nostalgie, voilà l’occasion rêvée pour replonger dans le roman de Louisa May Alcott. Si l’on en garde le souvenir d’une œuvre pleine de bons sentiments et de personnages vertueux, on en découvre avec plaisir sa modernité en renouant avec Meg, Beth, Amy et, surtout, l’audacieuse Jo, qui, dit-on, influença Simone de Beauvoir. Une lecture moins innocente qu’elle ne le paraît à faire découvrir aux fillettes.


Louise-Maude Rioux Soucy

Vertigineuse et immuable Lhasa

Cette semaine, cela fera dix ans que Lhasa de Sela se sera tue, emportée trop tôt, alors que venait de paraître son chavirant Lhasa, un album lumineux à la retenue pleine de grâce. On replonge dans sa douceur inimitable avec un vertige tranquille, la magie toujours intacte entre gospel, blues et folk. On se dit, surtout, qu’il ne faudra pas manquer la reprise de Danse Lhasa Danse, l’hommage musical et chorégraphique imaginé par Pierre-Paul Savoie. Le bel objet métissé reprend la route le 17 janvier dans un programme revisité avec 23 chansons et 16 artistes.