Les flâneurs

Ralph Elawani 

Le Jazz libre : musique-politique

Après des inédits parus chez Tenzier, une résurrection chez Return to Analog et un ouvrage de fond chez M éditeur, n’en avait-on pas assez d’entendre les barbus du Quatuor de jazz libre du Québec se moucher dans leurs instruments au nom de la révolution ? À d’autres, oui ! L’anthologie Musique-politique, préparée par les Rimouskois de Tour de bras, constitue un bijou de musique improvisée offert en format géant, tout en couleurs et en images, qui répond aux « Qui ? Quoi ? Où ? Quand ? Comment ? Combien ? Pourquoi ? » les plus sophistiqués. Le genre de cadeau qu’on achète et qu’on garde.


Odile Tremblay

Le retour à la grâce de Malick

Après sa Palme d’or pour The Tree of Life en 2011, le maestro américain Terrence Malick avait beaucoup égaré sa griffe de poésie. Avec A Hidden Life (Une vie cachée), il retrouve en grande partie sa lumière à travers cette histoire de paysan autrichien objecteur de conscience (August Diehl) qui refuse de se battre pour le régime nazi. Entre paysages montagneux et scènes carcérales, cet hommage vibrant à un héros de l’ombre dure trois heures, mais offre une plongée dans la conscience humaine avec le doigté des œuvres d’antan.


Manon Dumais

Méchant curé !

Il a les yeux d’un ange, la beauté du diable et le charisme de Raspoutine. Qui ça ? Le curé Caron ! Interprété par David La Haye, le remplaçant du regretté curé Labelle (Antoine Bertrand) veut faire interdire la vente d’alcool à Sainte-Adèle, au grand dam de la pétulante Délima (Julie Le Breton). À ses côtés, le vil Séraphin (Vincent Leclerc) fait figure de doux agneau. Outre le curé abstinent, qu’on prendra plaisir à détester au cours des six épisodes, les colons des Pays d’en haut devront affronter une épidémie de variole. Une cinquième saison riche en émotion ! Sur l’Extra de Tou.tv.


Amélie Gaudreau

Édificatrice de Mozart

Les admirateurs de Mozart qui le connaissent surtout grâce au film Amadeus découvriront en partie un autre homme, mais surtout une tout autre épouse à la lecture de La redoutable veuve Mozart d’Isabelle Duquesnoy (La Martinière), qui avait déjà abordé le personnage dans Les confessions de Constanze. Prenant la forme de lettres adressées à son fils aîné, ce roman biographique bien documenté nous montre une femme brillante et déterminée à venger le triste sort de son époux, et surtout à faire rayonner son œuvre durablement, coût que coûte.