Noël dans le parc avec Sara Dufour et Jérôme 50

En avril dernier, Sara Dufour lançait son second disque, coréalisé par Dany Placard, trois ans après le «Dépanneur Pierrette» qui avait révélé l’explosive musicienne country.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir En avril dernier, Sara Dufour lançait son second disque, coréalisé par Dany Placard, trois ans après le «Dépanneur Pierrette» qui avait révélé l’explosive musicienne country.

Neige, pas neige, on y va ! Pour une 26e année, l’équipe de Noël dans le parc a concocté une programmation musicale éclatée dans trois parcs de la métropole : le parc Lahaie, le parc des Compagnons-de-Saint-Laurent et la place Émilie-Gamelin, où, ce soir, se produiront devant public et sapins Jérôme 50 et Sara Dufour.

Pour l’auteure-compositrice-interprète, le temps des Fêtes a officieusement commencé le 1er décembre dernier lorsqu’elle a dévoilé sa reprise bluegrass du classique Le père Noël c’t’un Québécois, de Pierre Laurendeau (1970). À l’invitation de la plateforme La Fabrique culturelle, elle avait déjà adapté la chanson l’an dernier pour une capsule vidéo ; voici donc la version studio, « de laquelle j’ai changé les paroles pour y mettre mes couleurs ». Le classique arrive avec deux nouveaux couplets, « un sur les jouets, l’autre qui parle de Ski-Doo ! »

Car, officiellement, son temps des Fêtes commencera lorsqu’elle chevauchera sa motoneige pour la première fois de la saison. « C’est comme une drogue pour moi — je pourrais passer une année de marde seulement pour faire une belle semaine de motoneige l’hiver ! » Sara Dufour retournera chez elle, à Dolbeau-Mistassini, le 25 décembre pour célébrer en famille et allumer les moteurs. « Malheureusement, hier, il a plu dans ma région, ç’a un peu gâché les chutes de neige durant les dernières semaines. Avant Noël, ce n’est jamais le bon temps pour partir en motoneige, mais on allume les machines quand même et on passe du bon temps dehors en famille. »

Souhaite-moi la paix dans le monde. Du pur bonheur pour les enfants et les adolescents du Québec. Je veux que les jeunes vivent des émotions qu’ils n’ont jamais ressenties.

En avril dernier, Sara Dufour lançait son second disque, coréalisé par Dany Placard, trois ans après le Dépanneur Pierrette qui avait révélé l’explosive musicienne country. Sur ce premier disque, elle chantait Chez nous, c’est Ski-Doo ; sur le deuxième, elle raconte une escapade dans les Chic-Chocs : « Quand t’arrives à Marsoui, ça tourne au ralenti / T’en vas souper chez Lucien parce que chez eux on est bin / T’as pas l’choix d’déploguer, t’as yinque ton huile à checker / Ton gaz à fuller pis ton ski-doo à starter. »

Sara Dufour est faite pour l’hiver, et Noël dans le parc est fait pour elle : « Je n’entends que du bien de ce festival » extérieur, dit-elle, où elle se produira demain avec ses trois accompagnateurs. Dufour a passé les six derniers mois sur la route, donnant une bonne cinquantaine de concerts depuis la parution de son solide album. Après Noël dans le parc, ce sera vacances et repos.

Et aventure : « Mes fins de semaine sont déjà réservées au [parc national des] Monts-Valin et aux Chic-Chocs, et je prévois faire la route blanche — je sais pas si ça te dit quelque chose ? C’est la route entre Natashquan et Blanc-Sablon, elle se fait en avion seulement l’été, mais l’hiver, on peut la faire en motoneige — les habitants de la région circulent comme ça. » Une autoroute à Ski-Doo ! « C’est une vraie expédition parce que, dépendant des conditions, tu peux pogner un blizzard et rester coincé pendant une journée ou deux au même endroit. C’est mon projet de l’hiver. »

Paix sur terre

On souhaite donc à Sara de la neige en abondance, car, pour l’heure… « Mais tu sais, il faut voir ça d’un bon oeil, dit Jérôme 50. Il faut que le manque de neige nous motive à changer nos habitudes — tu sais qu’ici, à Québec, on n’a même pas encore développé de système pour récolter le compost ? Pas de bac brun ! Et là, tu réfléchis : un Noël sans neige, une canicule l’été, attends un peu… Il faudrait commencer à se soucier de l’environnement. Voyons ça de la bonne manière ! »

Jérôme 50 a une autre raison de trouver du positif dans cet hiver jusqu’ici sans neige. « Je n’ai pas de bottes de bonne qualité. Quand la sloche passe au travers… »

Au moins, il sera à l’abri lors du spectacle de ce soir, dans la nacelle chauffée des musiciens du parc Émilie-Gamelin. Au programme, un concert s’appuyant sur le matériel de son premier album, La hiérarchill, paru à l’automne 2018, avec sans doute quelques emprunts aux albums-concepts lancés l’été dernier, Le camp de vacances de Jérôme 49 — version moniteurs et version campeurs, un concept qui, sur scène, réunissait une chorale d’enfants.

« J’ai profité du fait de ne pas encore être super-connu pour présenter un projet libre de contraintes, explique-t-il. Une oeuvre purement libre, à mon sens. »

L’auteur-compositeur-interprète fera bien sûr un clin d’oeil à la saison hivernale : « En 2017, j’avais travaillé avec Hubert Lenoir sur la traduction d’un classique de Noël, Santa Baby [popularisé par Eartha Kitt]. C’est Hubert qui l’a interprété, mais comme je n’ai pas vraiment de chansons de Noël, je pense qu’on va le faire à Noël dans le parc. »

Et que souhaite-t-on à Jérôme 50 pour la nouvelle année ? « Trois choses. Souhaite-moi la paix dans le monde. Du pur bonheur pour les enfants et les adolescents du Québec. Je veux que les jeunes vivent des émotions qu’ils n’ont jamais ressenties. J’étais dans la salle d’attente d’un hôpital l’autre jour et j’ai vu un jeune sur son iPad. Ça m’a comme rendu dépressif : quelles sortes de robots on va devenir dans 150 ans ! Finalement, en travaillant avec la chorale du Camp de vacances, j’ai réalisé combien les jeunes sont brillants, intelligents et qu’ils ont un bon coeur. Je leur souhaite d’avoir du fun. »

« Et la troisième chose : je nous souhaite l’indépendance du Québec. » Allons-y d’une quatrième : souhaitons-lui de finaliser ce grand projet d’écriture sur lequel il planche « dans l’ombre depuis plusieurs années », la rédaction d’un dictionnaire. « Ce sera drôle du début à la fin et, je l’espère, vrai du début à la fin. Quand ça va sortir, ce sera une belle claque dans la face au Québec ! »