Sympathiques perdants

Olivier Sylvestre 

Au bout de l’espace

La 2e saison du dessin animé de science-fiction Final Space arrive juste à point pour faire concurrence au Mandalorian de Disney+. Ou peut-être pas. Si l’épopée aux relents westerns spin-off de Star Wars n’apparaît qu’une fois par semaine sur nos écrans, celle-ci est déjà toute disponible sur Netflix, prête à être engloutie d’un trait — et c’est tant mieux. Avec ses scènes d’humour niaiseux souvent surréalistes, Final Space nous rend nostalgiques du Futurama de notre enfance et, surtout, nous permet de patienter en attendant notre prochaine dose de bébé Yoda.


Odile Tremblay

Messe noire pour un temps présent

Le film Monos, du Colombien Alejandro Landes, est une œuvre saisissante d’immersion totale. Avec une musique et des sonorités exceptionnelles, cette plongée dans un groupe d’adolescents guerriers seuls en pleine jungle se transforme en fable sur tous les lavages de cerveau que l’être humain peut subir. La réalisation qui empoigne son sujet comme on secoue un arbre fait de cette œuvre à charge, puissamment jouée et filmée, un moment de cinéma hypnotique exceptionnel. Une sorte de « Sa Majesté des mouches » parachutée en nos ères apocalyptiques.

 


Amélie Gaudreau

Montréal de dépression

Mammouth (Héliothrope), le dernier roman de Pierre Samson, nous propulse dans les quartiers centraux de la métropole à la fin de l’hiver 1933, ces berceaux de misère noire peuplés de pauvres Canadiens français et d’immigrants devenus indésirables pour les autorités… L’écriture sensorielle de l’auteur, qui charrie son lot d’odeurs et d’images peu ragoûtantes, et sa recherche fouillée sur la géographie sociale et commerciale de la ville à ce moment critique de son histoire donnent le goût d’arpenter ces coins de la ville, pour retrouver des traces de passé pas toujours glorieux…


Valérie Duhaime

Sympathiques perdants

La représentation étant complète pour le film choisi, c’est avec perplexité que Les Barbares de La Malbaie fut élu pour la soirée au cinéma. Dès les premières minutes, le choix s’est avéré le bon : il s’agit d’un film bien écrit, drôle et remuant. Yves n’a pas eu la carrière qu’il croyait lui être destinée dans le hockey, mais son cousin JP l’idolâtre, voyant en lui la seule parcelle de réussite d’une famille médiocre. Ce road trip révèle un duo de comédiens loufoque et complice grâce à des personnages en or pour les acteurs Philippe-Audrey Larrue-Saint-Jacques et Justin Leyrolles-Bouchard.