L’Académie française s’inquiète de l’émergence du franglais

Dernière femme accueillie à l’Académie française, la philologue Barbara Cassin avait profité de son discours inaugural pour fustiger en octobre le <em>Global English</em>.
Photo: François Guillot Agence France-Presse Dernière femme accueillie à l’Académie française, la philologue Barbara Cassin avait profité de son discours inaugural pour fustiger en octobre le Global English.

L’Académie française s’est déclarée jeudi « gravement préoccupée » par le développement du « franglais » et a demandé aux pouvoirs publics français de mieux respecter la loi votée en 1994 sur la défense de la langue.

Chargée depuis 1635 d’établir et de régler l’usage du français, l’Académie « n’a jamais été hostile à l’introduction et à l’usage de termes étrangers ». « Mais aujourd’hui, elle se montre gravement préoccupée par le développement du franglais », a indiqué l’institution dans un communiqué.

« Les violations répétées de la loi Toubon, qui a posé les règles de l’emploi du français dans la sphère publique, dénaturent notre langue, autant par l’invasion des termes anglo-saxons que par la détérioration qu’ils entraînent de sa syntaxe », déplore l’Académie.

« Fidèle à la mission qui lui a été confiée de veiller sur la langue française et de la défendre », l’Académie « alerte solennellement les pouvoirs publics [français] et les invite en premier lieu à respecter eux-mêmes la loi ».

« Si ceux-ci ne réagissent pas vigoureusement, si l’opinion ne prend pas la mesure du danger qui le menace, le français cessera d’être la langue vivante et populaire que nous aimons », a-t-elle mis en garde.

Dernière femme accueillie à l’Académie française, la philologue Barbara Cassin avait profité de son discours inaugural sous la Coupole pour fustiger en octobre le Global English et plaider pour le plurilinguisme.

« Nous voulons contribuer à fabriquer une Europe résistante, qui refuse de s’en tenir à cette non-langue de pure communication qu’est le Global English », avait déclaré l’académicienne. « Nous refusons que nos langues, celles que nous parlons, le français, l’anglais lui-même [celui de Shakespeare, d’Emily Dickinson ou de Churchill], deviennent de simples dialectes, à parler chez soi », avait-elle ajouté.