Les flâneurs


Odile Tremblay

La beauté à l’opéra
Bien des livrets d’opéra, surtout ceux issus de la tradition italienne, se collent aux grandes émotions universelles d’amours contrariées et de trahisons. Ainsi le magnifique Lucia di Lammermoor de Donizetti à l’Opéra de Montréal, qui peut aujourd’hui encore rallier les foules. La voix remarquable de Kathleen Kim (le rôle-titre est un morceau de bravoure pour une colorature), la solide distribution générale, la performance stylée de l’Orchestre Métropolitain et la mise en scène de Michael Cavanagh, tissée de sobriété, par-delà des décors un brin conventionnels, offrent des moments de pur bonheur.


Caroline Montpetit

Frissons de fado
Ceux qui n’ont pas pu voir la jeune chanteuse portugaise de fado Carminho, au théâtre Outremont, peuvent plonger dans l’inimitable spleen portugais sur son disque Maria, dont elle signe plusieurs compositions. Ce nom, à la fois ancien et contemporain, représente pour elle à lui seul le fado, ce chant ancien mais renouvelé qui livre l’âme de ceux qui le chantent. Le premier titre, A tecedeira, chanté a capela, donne le ton de l’expérience. On dit d’ailleurs que le fado implique autant celui qui chante que celui qui l’entend. À écouter religieusement, pour des frissons garantis.


Félix Deschênes

Le ton juste
En amenant avec elle trois de ses cinq enfants sur la route de la Baie- James, l’animatrice Annie Desrochers a retracé un pan de l’histoire du Québec, mais elle a aussi mené une quête personnelle ; le développement du vaste projet hydroélectrique dans les années 1970, on le doit à son grand-père, Paul Desrochers, un éminent conseiller de Robert Bourassa. Le balado Transmission explore le legs partagé de cet homme. À elle seule, la série vaut l’installation de l’application OHdio de Radio-Canada, où elle loge en exclusivité.


Yannick Marcoux

Sur les braises du Brésil
Condamné dans la controverse, Luiz Inácio Lula da Silva, ex-président du Brésil, vient d’être libéré après 19 mois d’incarcération tandis que son opposant, Jair Bolsonaro, multiplie les propos incendiaires. Un fossé sépare ces deux hommes et, avec eux, la population. Dans son documentaire The Edge of Democracy, Petra Costa sublime sa vie personnelle pour aborder l’histoire contemporaine du pays et, par une narration sobre et un montage rigoureux, nous propose une immersion privilégiée au coeur d’un appareil démocratique gangrené. Aussi troublant qu’éclairant. Sur Netflix.