Trésors du patrimoine vietnamien - Le Trésor de Hoi An est mis aux enchères à Montréal

Olivier Leroy tient dans ses mains l’un des vases de porcelaine trouvés au Vietnam.
Photo: Jacques Grenier Olivier Leroy tient dans ses mains l’un des vases de porcelaine trouvés au Vietnam.

Une collection de céramiques vietnamiennes, connue sous le nom de Trésor de Hoi An, fera l'objet d'une vente aux enchères à Montréal le 17 juin prochain.

Il y a environ 500 ans, une jonque quittait un port du golfe du Tonquin, au nord du Vietnam, avec une immense cargaison de céramiques. Ce chargement contenait des objets fabriqués dans le village de Chu Dau, le plus ancien centre de poterie du Vietnam. Le voilier, l'équipage et la cargaison disparurent dans la périlleuse mer du Dragon sans laisser de trace. Ce n'est que dans les années 1990 que des pêcheurs vietnamiens commencèrent à trouver des tessons de poterie près de l'archipel de Cu Lao Cham. Bientôt, de nombreux pilleurs ratissaient les fonds marins à la recherche de nouveaux trésors, jusqu'à l'intervention des autorités vietnamiennes.

Ne disposant ni des moyens matériels ni des compétences nécessaires à une telle expédition, le ministère de la Culture du Vietnam fit appel en 1997 à une compagnie de sauvetage malaysienne pour retrouver l'épave. Au terme d'une périlleuse expédition de 69 jours, la compagnie remonta, non sans peine, près de 200 000 objets découverts à 70 mètres de profondeur. Une vraie mine d'or! Les experts de l'université d'Oxford évaluent ces céramiques à une dizaine de millions de dollars.

En contrepartie, l'État vietnamien dut s'engager à commercialiser au moins la moitié du trésor. C'est ainsi qu'Ollivier Leroy, directeur de Pinneys, a pu acquérir, tout comme une entreprise privée à San Francisco, où a eu lieu une première vente aux enchères, une centaine de céramiques, vases, aiguières, plats de service et figurines anciennes. Plusieurs pièces offrent un motif bleu cobalt, d'autres un motif polychrome très coloré. On ne retrouve pas toujours les scènes de paysage traditionnelles. Mais le fait même que ces objets anciens soient remontés à la surface quelque 500 ans après leur création constitue déjà un exploit.