Les flâneurs


Odile Tremblay

La peine de l’Arménie
Le génocide de l’Arménie, jamais reconnu par la Turquie, est une plaie au flanc des descendants de la tragédie. Le très touchant Manam de la journaliste Rima Elkouri (Boréal) est une fiction collée à son propre pèlerinage, après la mort de sa grand-mère centenaire, sur les lieux phares de son parcours de survivante. La délicatesse de sa plume, les rencontres qui jalonnent le périple de sa narratrice, entre mélancolie, amour de vivre et espoir, posent des voix sur des amas de silences.


Caroline Montpetit

Sortez votre «Croc»
Rien de mieux qu’un peu d’humour pour se requinquer le moral en cette pluvieuse et déprimante campagne électorale fédérale. Le magazine Croc est ressuscité de ses cendres pour son 40e anniversaire avec une édition spéciale. L’équipe éditoriale a planté ses crocs dans tout ce qui bouge au Québec, y compris chacune des équipes des principaux partis fédéraux. Voilà de quoi « nous chauffer les oreilles » et les yeux, comme le suggère le rédacteur en chef Pierre Huet. Pour réapprendre aux jeunes et aux vieux à rire d’à peu près tout, y compris d’eux-mêmes.


Stéphane Baillargeon

Chasseurs d’enquête
Pas encore une série sur les tueurs en séries… Oui, sauf que celle-là trace le portrait de la petite équipe du FBI qui a inventé la psychologie criminologique et le profilage criminel en se basant sur des dizaines d’entrevues avec des serial killers. Le concept de la chose épouvantable a d’ailleurs été inventé par cette unité comprenant une psy et deux policiers. La première saison de Mindhunter documente la formation du projet de profilage des criminels de masse en 1977. La deuxième, toute récente sur Netflix, suit l’enquête autour de meurtres d’enfants à Atlanta au tournant des années 1980.


Catherine Lalonde

Fantômes et deuils d’automne
Avec l’obscurité et la fraîche qui gagnent sur le soleil, souvent vient l’envie de se blottir en marmotte sous la couette, et même d’y jouer de nostalgie, de mélancolie et de légèreté autoinfligées, en accord avec la saison des feuilles mortes. Ghosteen, nouvel album studio de Nick Cave et ses Bad Seeds, arrive à point. Marqué par le deuil de son fils, Cave y scande, d’un grain de voix vieillissant qui rappelle de plus en plus celui d’un certain Cohen, peines et douleurs essentielles, sur une musique minimale, laissant toute place au texte, et à sa scansion envoûtante. Triste et beau à pleurer.