Écomusée du fier monde: l’histoire du Centre-Sud vue à travers ses institutions

Stéphane Gagné Collaboration spéciale
Un groupe de chômeurs jouant aux fers, vers 1935. Lors de  la crise économique  des années 1930, les chômeurs étaient nombreux à attendre du travail.
Frank Randall Clarke, Musée McCord Un groupe de chômeurs jouant aux fers, vers 1935. Lors de la crise économique des années 1930, les chômeurs étaient nombreux à attendre du travail.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Depuis la mi-septembre, l’exposition Déjouer la fatalité à l’Écomusée du fier monde nous fait découvrir comment les institutions ont pris en charge, à partir du milieu du XIXe siècle, la pauvreté, la déviance et la maladie dans le quartier ouvrier du Centre-Sud de Montréal.

Prison, école de réforme, orphelinat, hôpital, hospice, asile… Telles sont les institutions qui se sont développées au fil des années dans le quartier Centre-Sud pour s’occuper des gens jugés déviants, malades, déficients intellectuels ou mentaux, délinquants ou inadaptés.

Aujourd’hui, beaucoup de ces institutions sont encore présentes physiquement dans le quartier. Ainsi en est-il de l’hôpital Notre-Dame. Plusieurs ont toutefois changé de vocation, comme la prison Au-Pied-du-Courant, fermée depuis 1912 (aujourd’hui transformée en musée), et l’Institut des sœurs de Miséricorde, ancien hôpital, vacant désormais.

Une exposition instructive

« L’exposition montre comment la société québécoise de l’époque s’est organisée pour faire face à la pauvreté et à l’exclusion, raconte Martin Petitclerc, commissaire de l’exposition, professeur au Département d’histoire de l’UQAM et directeur du Centre d’histoire des régulations sociales (organisme qui a collaboré à la présentation de l’événement). L’Église catholique et plusieurs organismes de charité ont joué un rôle important dans la création de ses institutions. Cependant, la réponse était mal adaptée aux besoins de ces personnes, car elles étaient souvent internées et subissaient des sévices physiques. Une lutte pour la reconnaissance des droits sociaux s’est donc amorcée au cours du XXe siècle et a contribué à l’émergence de politiques sociales. » Qu’on pense aux allocations familiales, à l’assurance chômage et à l’assurance maladie.

Cette exposition répond à la vocation de l’Écomusée qui vise à mieux faire connaître le quartier et son histoire, ajoute M. Petitclerc.

Plusieurs activités connexes

Pendant la durée de l’exposition (qui se termine le 9 février 2020), les visiteurs pourront parfaire leurs connaissances du quartier et de ses institutions grâce à diverses activités. Ainsi, des visites commentées du quartier se dérouleront le 2 novembre et le 18 janvier 2020. Le 3 novembre, une table ronde intitulée La Miséricorde : son passé et son avenir permettra aux participants de découvrir l’histoire de cet ancien hôpital et les projets de redéveloppement en cours. Enfin, le 16 novembre, un circuit urbain a été programmé pour apprécier la richesse du patrimoine institutionnel du quartier. Toutes ces activités sont gratuites.

En complément à cette exposition, le visiteur peut profiter de son passage à l’Écomusée pour jeter un œil sur l’exposition permanente, intitulée À cœur de jour, grandeurs et misères d’un quartier populaire. En déambulant parmi les objets exposés, il en apprendra plus sur l’histoire du quartier et sur sa transformation au fil des années.

Déjouer la fatalité

À l’Écomusée du fier monde jusqu’au 9 février 2020