BAnQ évite le budget 2019-2020 écrit à l’encre rouge

BAnQ devait dans son budget 2019-2020 prendre à sa charge, entre autres, les augmentations des salaires, des assurances et des loyers.
Photo: Valérian Mazataud Archives Le Devoir BAnQ devait dans son budget 2019-2020 prendre à sa charge, entre autres, les augmentations des salaires, des assurances et des loyers.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) a déposé un budget équilibré pour 2019-2020 grâce à une manoeuvre financière d’exception qui lui permet d’aller puiser 2,5 millions de dollars dans sa réserve, ce fonds que les institutions conservent en cas d’urgence. La transaction, convenue avec le gouvernement Legault, permet d’éviter des coupes pour l’année en cours. Elle donne également au nouveau président-directeur général, Jean-Louis Roy, l’occasion de relancer la discussion avec le gouvernement sur le financement à plus long terme de l’institution, et de chercher des solutions pour sortir ce financement d’un cycle négatif.

Comme d’habitude, pour les années précédentes, BAnQ devait dans son budget 2019-2020 prendre à sa charge les « coûts de système » — un terme qui inclut les augmentations des salaires, des assurances, des loyers, etc. Des coûts estimés à 2,5 millions sur un budget total des dépenses anticipées de 92,8 millions. Mais le budget de BAnQ sera équilibré, une des exigences faites aux sociétés d’État, grâce à l’utilisation de 2,5 millions de la réserve pour atteindre l’équilibre.

Il y a quelques années déjà que le gouvernement a demandé à plusieurs institutions d’absorber à même leurs budgets les coûts de système, a rappelé en entrevue le p.-d.g. de BAnQ, Jean-Louis Roy. « À cet égard, BAnQ a beaucoup donné. Parce qu’ici, année après année, les coûts de système sont d’entre 2,5 et 3 millions par année. »

Si le chiffre demeure un peu vague, c’est que certains des éléments de ces coûts sont prévisibles — augmentations de salaire et changements d’échelle, par exemple, — alors que d’autres, tels les loyers, sont variables. « On gère 14 bâtiments, plusieurs sont à location, on parle de quelques millions de dollars de frais de location qui peuvent fluctuer, selon les réparations, par exemple. Le montant est en gros prévisible, mais la prévision fine, celle dont on a besoin pour faire un budget, ne se dessine qu’au moment où on le fait. »

Cycle rouge

Si BAnQ devait dans le futur continuer à absorber les coûts de système — ce qui normalement devrait être le cas si la situation ne change pas —, « ça voudrait dire qu’il faudrait trouver dans nos ressources 3 millions chaque année, année après année. Là, on serait dans de grandes difficultés. Le gouvernement cette année a compris qu’on ne pouvait plus continuer à absorber les coûts de système. Voilà pourquoi ils nous ont aidés. Et voilà pourquoi c’est la première année depuis longtemps où il n’y a pas de coupes à BAnQ », poursuit M. Roy.

« Car oui, si on avait dû absorber les coûts de système en cette présente année, on aurait été obligé de couper des postes ou de limiter des activités. Et on est rendu ici au point où on ne peut plus couper beaucoup de postes. Ce serait donc couper des activités, des services, etc. »

Pour BAnQ, il s’agit d’une réelle problématique, d’un vrai enjeu, qui revient de façon récurrente. « On a convenu en discussion [avec le gouvernement] d’examiner à plus long terme le financement de BAnQ. Et c’est ce qui se passe : vous arrivez juste au moment où on se demande comment on peut le penser conjointement autrement, au-delà de la formule historique, et comment on peut éviter d’absorber les coûts de système dans les prochaines années. C’est en train de se faire », une toute première rencontre avec les directeurs généraux s’étant tenue le mardi 8 octobre.

« On en est au début-début ; et oui, on va essayer de définir des éléments de stratégie. » BAnQ a jusqu’au prochain budget pour trouver une solution. « On a d’ailleurs besoin de temps », conclut M. Roy.