Les flâneurs

Image: Le Devoir
Odile Tremblay

Le roman ducharmien de Goudreault

La parution d’un nouveau roman de David Goudreault est toujours un événement. La force de frappe, la poésie écorchée, le sens de la formule de l’auteur de La bête intégrale enchantent. Dans le très ducharmien Ta mort à moi (Stanké), il met en scène une héroïne puissante, surdouée et révoltée, qui roule sa laideur et sa personnalité brûlante de la Beauce au Mile End en passant par le Laos. Truffé de références, le livre est une ode à la littérature et à la liberté consumée par le refus des compromis de médiocrité. Grand jongleur du langage, Goudreault est un de nos meilleurs écrivains contemporains.


Caroline Montpetit

Jeux d’enfants

Au milieu des tourmentes politiques ou environnementales, malgré l’angoisse qui gronde trop souvent, rien n’est plus rafraîchissant que la vue et le son des enfants qui jouent. Francis Alÿs l’a bien compris, lui qui présente l’exposition Jeux d’enfants au Musée d’art contemporain. C’est une série de vidéos, tournées du Mexique à l’Irak, en passant par la France, l’Afghanistan ou le Népal, où des enfants jouent avec des choses toutes simples : des chaises, des roches, du sable, des bouteilles de plastique. On a l’impression qu’ils réinventent le monde.


Valérie Duhaime

Parler plus fort

En 2016, la chute du fondateur de la chaîne d’information Fox News, Roger Ailes, accusé notamment de harcèlement sexuel, survient au moment où celui-ci travaille fort en coulisse pour faciliter l’élection de Trump à la Maison-Blanche. En sept épisodes consacrés chacun à une année charnière de la vie d’Ailes ou de sa création, la série The Loudest Voice lève le voile sur un média populiste qui n’a jamais promis l’impartialité. En découlent une série fascinante, absolument partiale et une grande performance de Russel Crowe (et de son équipe de maquillage).


Ralph Elawani

The Tony Alva Story

Si l’on devait compter les pionniers du skateboard sur les cinq doigts d’une main, Tony Alva serait le majeur : irrévérencieux, dressé bien droit et fendant l’air avec arrogance. Le documentaire que Coan Nichols et Rick Charnoski ont consacré à cette icône du sport, du style et de la rébellion ne révolutionne pas la roue sur le plan formel, mais dresse un portrait désarmant de cet Orson Welles du vertical. Un ange botché aux cheveux Ficello, toujours en quête d’altitude à l’âge de 62 ans.