La sorcière cultive son Jardin

Esmeralda, la gentille sorcière au nez crochu et au menton en galoche, en fait voir de toutes les couleurs.
Photo: Michel Tremblay Esmeralda, la gentille sorcière au nez crochu et au menton en galoche, en fait voir de toutes les couleurs.

Dès aujourd’hui et jusqu’au 31 octobre, le Jardin botanique de Montréal invite le public à son Grand Bal des citrouilles. Si la Cucurbita pepo subsp. pepo (la véritable citrouille) est la reine de cette activité halloweenesque, le Jardin présente aussi une cinquantaine d’autres espèces de courges produites entre ses murs. Bien sûr, Esmeralda et son chat Abracadabra seront au rendez-vous de cette 34e édition.

Qui ne connaît pas Esmeralda, cette gentille sorcière au nez crochu, au menton en galoche et au chapeau pointu ? L’ensorceleuse et son gros félin aux yeux orange citrouille habiteront d’ailleurs cette année dans une maison à la forme gigantesque d’un chapeau pointu noir de sorcière, planté au beau milieu de la grande serre d’exposition. Ils sont entourés de 800 citrouilles décorées par des élèves et des amateurs de cette grande fête.

« Elle est marquante, Esmeralda, pour les enfants », dit Diane Turcotte, coordonnatrice en loisirs scientifiques au Jardin botanique. « Ils sont volontaires et se prêtent aisément à son jeu. Ceux qui reviennent l’été la cherchent ! »

Cela dit, le Grand Bal des citrouilles fait le bonheur du public depuis 34 ans. La formule a peu changé depuis ses débuts : contes pour enfants, comptoir des courges, concours de décoration de citrouilles, la Cour des petits monstres.

Photo: Mathieu Rivard

« Je dirais que seul le comportement des enfants a changé, constate Diane Turcotte, qui travaille au Jardin depuis 31 ans. Ils s’expriment beaucoup plus. »

L’activité commence dans une salle près de l’accueil où une cinquantaine de cucurbitacées sont présentées sur des tables afin d’informer les visiteurs sur leur diversité.

« Cette salle est aussi une nouveauté cette année. Moins exposée aux bruits de l’accueil, on y offre une meilleure qualité d’intervention. »

Potiron, potimarron, courgette, pâtisson — ou bonnet de prêtre —, coloquinte, calebasse… Il existerait plus de 800 espèces et 10 000 variétés de cucurbitacées. Orange, jaune, verte, blanche, ronde, ovale, aplatie, étoilée, avec ou sans bosses, on les retrouve sous forme d’éléments décoratifs, d’instruments de musique et… dans nos assiettes. Elles auraient des qualités médicales : dépuratives, diurétiques, émollientes, laxatives, nutritives, rafraîchissantes, sédatives et vermifuges, les cucurbitacées sont riches en vitamines et apportent aussi des acides aminés, des glucides, des protéines, des fibres…

Elle est marquante, Esmeralda, pour les enfants. Ils sont volontaires et se prêtent aisément à son jeu. Ceux qui reviennent l’été la cherchent !

« Vous connaissez la courge éponge, la luffa aegyptiaca, utilisée dans la fabrication de gants de crin pour la toilette ?  demande Mme Turcotte. On trouve cette éponge végétale biodégradable, un exfoliant dermique efficace, en pharmacie. »

Avant de prendre la direction de la grande serre, il est fortement conseillé de réserver pour le conte animé Tous les monstres ont disparu, qui prend place à l’auditorium Henry-Teuscher. L’horaire des représentations jusqu’au 31 octobre se trouve sur le site Web d’Espace pour la vie. Les réservations se font sur place.

Ce nouveau conte, qui s’adresse aux enfants âgés de quatre à huit ans, met en vedette des petits monstres en forme de cucurbitacées qui profitent d’un courant d’air dans la maison pour s’enfuir.

Photo: Mathieu Rivard

La gardienne, madame Topinambour, réussira-t-elle à les faire revenir ? Peut-être avec une salade de courges, car les monstres en raffolent. Il s’agit d’une adaptation — texte d’Iris Boudreau et mise en scène de Philippe Boutin — de l’album J’élève mon monstre de l’auteure et illustratrice montréalaise Élise Gravel.

« Cette pièce de théâtre est un produit maison », précise Diane Turcotte. Les acteurs ont été choisis à la suite d’auditions que nous avons faites au Jardin botanique. »

Il est maintenant temps pour les enfants de lâcher leur fou. Cap vers l’aire de jeux la Cour des petits monstres avec ses tunnels, son pont qui frétille, sa rivière aux embûches, ses accros-singes et ses jeux installés sous de grands arbres, illuminés le soir.