Reconstitution faciale en vue pour Marie de l’Incarnation

Portrait de Mère Marie de l'Incarnation, attribué à Hugues Pommier, 1672
Photo: Archives des ursulines de Québec Portrait de Mère Marie de l'Incarnation, attribué à Hugues Pommier, 1672

On connaissait la correspondance fiévreuse de Marie de l’Incarnation, la fondatrice des Ursulines de Québec. On pourrait bientôt connaître son visage. Une opération scientifique, qui s’inscrit dans la mode des reconstitutions faciales des personnages historiques, est à la veille de permettre une visualisation du visage de la mystique à l’heure de sa mort grâce à un masque mortuaire de Marie de l’Incarnation retrouvé, il y a quelques années, dans un grenier du monastère des Ursulines de Québec.

Les masques mortuaires étaient communs pour les personnages d’importance. Ce masque, exposé depuis au Centre Marie-de-l’Incarnation dans le Vieux-Québec, doit servir de matière première pour une reconstitution numérique du visage de Marie Guyart, en religion connue sous le nom de Marie de l’Incarnation. Elle est décédée le 30 avril 1672.

Née à Tours, au sud de Paris, en 1599, elle arrive en Nouvelle-France en 1639, dans le but particulier d’évangéliser les Amérindiennes. Elle est la fondatrice du premier établissement d’enseignement pour jeunes filles en Amérique du Nord.

C’est en voyant ce masque exposé au Centre Marie-de-l’Incarnation que le professeur Philippe Roy-Lysencourt, spécialiste de l’histoire du christianisme à la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval et directeur du Centre d’études Marie-de-l’Incarnation, a eu l’idée de profiter de la technologie pour raviver les traits de cette femme. Un médecin légiste de ses amis, Philippe Charlier, qui a déjà travaillé, en compagnie de Philippe Froesch, à la reconstitution numérique de visages célèbres, dont ceux de Robespierre et d’Henri IV, a accepté de relever le défi. Marie de l’Incarnation se verra dotée d’un visage numérique grâce aux travaux des ateliers de Visualforensic, une entreprise qui travaille beaucoup avec des musées.

La numérisation du masque doit débuter dans quelques jours à l’aide d’un scanneur médical. Une fois cette empreinte de son visage captée le 9 octobre prochain à Québec, les ateliers de Visualforensic pourront voir à lui redonner un relief qui puisse donner une illusion de vie. Est-ce que cela risque de susciter un renouveau d’intérêt pour cette femme complexe dont les écrits restent parmi les plus originaux de la Nouvelle-France ?