Le photographe de mode Peter Lindbergh est mort

Peter Lindbergh avait contribué à l’éclosion du phénomène des supermodèles dans les années 90.
Photo: François Guillot Agence France-Presse Peter Lindbergh avait contribué à l’éclosion du phénomène des supermodèles dans les années 90.

Le monde de la mode était en deuil mercredi à l’annonce du décès survenu mardi à l’âge de 74 ans du photographe Peter Lindbergh, connu pour ses clichés en noir et blanc de stars et de mannequins célèbres.

« Il nous laisse de somptueuses images et le souvenir de ses séries iconiques en noir & blanc », a commenté sur Instagram le magazine Elle (France), mettant en ligne une photo d’une série de « stars sans fards » (Sophie Marceau, Eva Herzigova, Monica Belluci…) réalisée en 2009.

Sur Instagram, les anciens supermodèles, que Lindbergh a contribué à rendre célèbres, faisaient part de leur peine.

« Quand Peter Lindbergh prenait des photos, les femmes étaient à l’honneur. Il n’était pas question de coiffure, de maquillage ou de style. Il avait une manière de faire de vos imperfections quelque chose d’unique et de beau », a écrit Cindy Crawford. « Oh, Peter, tant de souvenirs en 33 ans », a commenté Naomi Campbell, tandis que Linda Evangelista, autre star des podiums des années 90 a dit avoir le « le coeur brisé ».

Autre grand nom de la photographie de mode, Mario Testino a salué la « générosité » de celui qui n’avait pas hésité à lui mettre le pied à l’étrier dans les années 80.

Le réalisateur et acteur québécois Xavier Dolan a, lui, salué la mémoire d’un « gentleman ». Le créateur de mode israélo-américain Alber Elbaz, dont le parcours a longtemps été lié à la maison Lanvin, s’est souvenu « de moments joyeux ».

Né en 1944 à Leszno en Pologne, Peter Lindbergh s’est fait connaître pour ses nombreuses collaborations avec des revues de mode internationales, des marques ainsi qu’avec le calendrier Pirelli.

« Considéré comme un pionnier dans son art, il a su redéfinir la photographie de mode contemporaine et ses standards de beauté en sublimant les femmes de tout âge », souligne le communiqué de sa famille qui a annoncé son décès.

Actif jusqu’à la fin

Toujours actif, le photographe venait de participer au numéro de Vogue UK du mois de septembre, avec la duchesse de Sussex comme rédactrice en chef. Elle lui a rendu hommage sur Instagram via le compte officiel qu’elle détient avec son époux.

Pour l’occasion, celui qui aimait photographier les femmes sans fards, avait immortalisé une série de quinze femmes fortes, dont la première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, et l’activiste suédoise Greta Thunberg.

Ses portraits en noir et blanc, quasiment sans retouche, sur fond de paysages industriels ou de plages, étaient devenus la marque de fabrique du photographe qui avait contribué à l’éclosion du phénomène des supermodèles dans les années 90 en photographiant Naomi Campbell, Cindy Crawford, Claudia Schiffer ou Kate Moss.

C’est en 1988 que Peter Lindbergh avait fait décoller les carrières d’une nouvelle génération de mannequins, avec une image les représentant toutes en chemise blanche sur la plage de Malibu, aux États-Unis.

La famille de Peter Lindbergh avait fui la Pologne alors qu’il était bébé pour s’installer à Duisbourg, dans l’ouest industriel de l’Allemagne.

Passionné de sculpture et par le cinéma allemand de l’entre-deux-guerres, il a étudié à l’Académie des Beaux-Arts de Berlin, avant de rejoindre le magazine Stern comme photographe qui collaborait à l’époque avec des grands noms comme Helmut Newton et Guy Bourdin. Il s’installe à Paris dans les années 1970.

Il laisse derrière lui son épouse Petra, sa première épouse Astrid, quatre fils : Benjamin, Jérémy, Simon, Joseph, et sept petits-enfants.