Les flâneuses


Odile Tremblay

Lire Toni Morrison
Le récent décès de la grande romancière afro-américaine nobélisée Toni Morrison donne envie de découvrir ou de redécouvrir son oeuvre. Belle occasion de plonger dans son bouleversant Beloved sur une Médée noire, mère esclave infanticide, comme dans Un don, complexe regard sur l’esclavage toutes couleurs unies, mais aussi sur l’indispensable essai L’origine des autres, recueil d’une série de conférences à Harvard sur la littérature de l’appartenance. Ces réflexions de Morrison éclairent les écrits ayant porté sur la fabrication de l’autre, des témoignages d’esclaves aux oeuvres de Faulkner et d’Hemingway porteurs de propos ambigus sur la «négritude» en passant par la nouvelle littérature afro-américaine.


Caroline Montpetit

Dessous marins
Il a nagé avec les ours polaires, les morses, les loups-marins et les requins. Le moins qu’on puisse dire est que Mario Cyr, photographe animalier sousmarin originaire des Îles-de-la-Madeleine, n’a pas froid aux yeux. Mais ses propos donnent parfois des frissons dans le dos. Après avoir notamment collaboré avec National Geographic, la BBC et IMAX, Mario Cyr propose une série de conférences, intitulée Les yeux de la mer, dans tout le Québec. Il y partage sa connaissance intime de la faune marine, ainsi que ses considérations sur le réchauffement climatique.


Amélie Gaudreau

Dans son corps de jeune fille
Jeune Juliette est un film d’été dans le plus noble sens du terme. Ce récit d’apprentissage à la fois drôle et bouleversant nous ramène au début de la belle saison, aux premiers émois du corps et du coeur et aux grandes questions qui nous ont tous taraudés à l’âge ingrat. Alexane Jamieson, extraordinaire dans tous les registres de ce magnifique rôle-titre, vaut à elle seule de se «garrocher» au cinéma pour attraper cette belle chronique adolescente, avant qu’elle ne disparaisse de l’affiche.


Geneviève Tremblay

Une femme, des femmes
Déjà, le titre: Comme la chienne. On sait que ce sera dérangeant. Pourtant, ce premier roman de Louise Chennevière, 26 ans, paru en avril en France, est encore plus brutal et puissant qu’on l’avait imaginé. Dans cette longue série de courtes histoires, où l’identité est floue et plurielle (la narratrice écrit au je, au tu, au elle), des femmes se racontent dans la douleur, la honte et la violence. Mère, prostituée, violée, anorexique, internée, chacune exprime sa condition, celle d’être un corps d’abord, une âme ensuite. Aucune plaie n’est oubliée ; c’est l’intime qui se libère, emprisonné depuis si longtemps.

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