L’enseigne d’Archambault retrouvera sa place originale

Le retrait de l'enseigne Archambault en novembre 2018 avait suscité de vives inquiétudes quant à son avenir.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Le retrait de l'enseigne Archambault en novembre 2018 avait suscité de vives inquiétudes quant à son avenir.

Moins d’un an après avoir été retirée de l’espace public, l’enseigne lumineuse Archambault Musique retrouvera son emplacement. Exactement le même, à l’angle des rues Sainte-Catherine et Berri.

Son retrait en novembre 2018 avait suscité de vives inquiétudes quant à son avenir. La Ville de Montréal, par la voix de la mairesse, Valérie Plante, avait voulu se faire rassurante. Il n’était pas question de l’envoyer au dépotoir. Depuis, le mystère planait sur le sort de cet exemple de l’affichage urbain de la première moitié du XXe siècle.

C’est à Châteauguay que ladite enseigne s’est retrouvée, sur le terrain et aux bons soins de la firme Enseignes Plus. Joint par téléphone, Denis Barbeau, président et propriétaire de l’entreprise, affirme être prêt « depuis longtemps » à venir remettre en place le précieux objet. Il n’attend que la confirmation d’une date.

« On m’avait dit le 26 août. Puis la date a été repoussée. Ce ne sera pas avant septembre », confie-t-il.

Le fabricant d’enseignes a restauré cet élément du patrimoine visuel montréalais, bien que selon lui, elle ne fût pas en si mauvais état. La structure verticale peut encore brûler de tous ses néons. Il en aura coûté 20 000 $ pour la remettre à neuf. Une facture pour réparer des enseignes de cet âge et de ce type peut monter jusqu’à 100 000 $, estime l’entrepreneur de Châteauguay.

Il prétend que, dans le cas présent, Québecor et Renaud-Bray, les deux propriétaires successifs d’Archambault, se sont partagé les frais. Il a été impossible de confirmer cette information auprès des principaux intéressés.

Propriétaire depuis 2015 des magasins Archambault, Renaud-Bray n’a pas voulu commenter le cas de la célèbre enseigne, ni même dire si l’entreprise a assumé une partie des coûts de restauration. « Ça ne nous concerne pas », dit Émilie Laguerre, directrice des communications chez Renaud-Bray et Archambault.

Issue des années 1930, l’enseigne art déco a été retirée après l’acquisition de la marque Archambault par Renaud-Bray. Or, l’édifice situé à l’angle précis des deux artères est demeuré propriété de Québecor, qui y a installé sa radio numérique et d’autres branches de l’entreprise. Les véritables intentions du retrait de l’objet sont inconnues. La fonction d’identification du bâtiment semble néanmoins avoir primé sur une éventuelle valeur patrimoniale.

 

« Il y avait trop d’enseignes [Archambault Musique à cet endroit], il fallait la retirer. La Ville a refusé qu’elle reste sur place », se souvient Denis Barbeau. Comme le magasin Archambault a conservé des espaces dans les édifices voisins, ses enseignes, plus petits de moitié si on se fie au nombre de dalles pour les soutenir, demeurent visibles.

« L’arrondissement de Ville-Marie n’a aucun règlement qui empêche l’installation de l’enseigne Archambault sur le bâtiment, qui hébergeait autrefois Archambault, corrige Linda Boutin, de la Ville de Montréal. Le propriétaire actuel pourrait réinstaller l’enseigne à sa place d’origine sans faire de demande de dérogation à l’arrondissement. »

Lors du retrait en novembre, plusieurs avaient manifesté leur appui au retour du panneau commercial. Président et chef de la direction de Québecor, Pierre Karl Péladeau avait publié sur son compte Twitter une photo de l’immeuble concerné avec un message favorable à la présence de l’enseigne historique. La mairesse, Valérie Plante, avait émis ses inquiétudes sur le sort de l’objet et rencontré Philippe Archambault, le fils du dernier propriétaire de la famille, « afin de discuter de la préservation de nos symboles patrimoniaux ».

Avec Jean-François Nadeau

6 commentaires
  • Jean-Henry Noël - Abonné 15 août 2019 02 h 45

    Me trompé-je ?

    La dernière fois que j'ai été chez Archambeault, c'était en 2007, il y avait la pestilence de la pisse des itinérants à l'extérieur. À l'intérieur, il y avait des CD, tout un tas, noir sur rouge, du Roi David de Honneger. Charles Dutoit, maestro, Jean Dessaillit, le diseur.
    « Tu étais mon ami, mon frère
    Commen, Ô Jonathan, as-tu pu succomber ? »

  • Hélène Lecours - Abonnée 15 août 2019 10 h 54

    L'enseigne

    L'enseigne a en effet été chère aux montréalais, dont moi, mais ce qui est advenu à l'intérieur est PATHÉTIQUE, vraiment. Je me jure chaque fois de ne plus jamais y remettre les pieds. Cela m'écoeure, mais bon il peut arriver que je n'aie pas le choix.

  • Françoise Maertens - Abonnée 15 août 2019 11 h 39

    Très bonne nouvelle!!!

    Bien heureuse que l'enseigne retrouve sa place très bientôt!!! Elle fait partie de patrimoine de la ville de Montréal!! merci d'en avoir prévu le rapatriement!!!

  • Gabriel Deschambault - Inscrit 15 août 2019 21 h 34

    enseigne originale?

    Je crois que cette enseigne n'a d'original que l'apparence. Elle a été refaite en reproduisant le design mais en remplaçant le néon par des "LED". Néanmoins, les promoteurs doivent être salués, car cette publicité fait partie du paysage patrimonial de ce carrefour.

  • Claude Coulombe - Abonné 15 août 2019 23 h 46

    MERCI! Plus qu'une enseigne, une icône de Montréal

    Pour une fois qu'on a une bonne nouvelle sur notre patrimoine, je ne peux laisser passer l'occasion de m'en réjouir.
    Je ne sais trop qui remercier, Renaud-Bray, Québécor, la Ville de Montréal, fort probablement les trois! MERCI!

    Cette belle enseigne de style art déco (il me semble...) est un témoins, une icône de la Ville de Montréal au moins à l'égal de l'enseigne des « Farines Five Roses », de la « Pinte de lait Guaranteed Pure Milk » (également art déco), « la grosse Orange Julep ».

    Claude Coulombe
    un fier montréalais d'adoption