Un passé conjugué au présent

Construit en 1908 sur un terrain de 55 hectares à Sainte-Agathe-des-Monts, StoneHaven a subi plusieurs transformations au fil des ans.
Photo: natlapointe.com Construit en 1908 sur un terrain de 55 hectares à Sainte-Agathe-des-Monts, StoneHaven a subi plusieurs transformations au fil des ans.

Dans les Laurentides, une résidence somptueuse devient une adresse hôtelière de luxe grâce à l’expertise d’une firme montréalaise, férue de patrimoine architectural. Visite guidée.

Ce fut une propriété privée, le home de pères oblats, un sanatorium, puis un hôtel-spa. Depuis peu, c’est StoneHaven Le Manoir, un hôtel-boutique auquel on a redonné le lustre d’antan.

« Cet immeuble a une histoire à raconter, dit Guylaine Brault, copropriétaire de StoneHaven et vice-présidente chez Gestion Georges Coulombe. On l’a rénové avec le souci de préserver l’esprit du lieu. »

Pour mémoire, Gestion Georges Coulombe se spécialise dans la restauration d’édifices historiques. Le fleuron de son portefeuille immobilier, qui compte 1,2 million de pieds carrés principalement dans le Vieux-Montréal, est l’ancien siège de la Banque Royale du Canada, construit en 1928. La firme est également propriétaire du seul immeuble de style flatiron à Montréal, Le Rodier, situé dans Griffintown, qui bénéficie présentement d’une cure de jouvence.

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Construit en 1908 sur un terrain de 55 hectares faisant face au lac des Sables, à Sainte-Agathe-des-Monts, StoneHaven a subi plusieurs transformations au fil des ans, dont l’ajout d’un corps de bâtiment pour abriter ledit hôpital. « Les pièces des oblats étaient minuscules, poursuit Guylaine Brault. On leur a donc donné du volume. » Globalement, les travaux, majeurs, ont duré trois ans et coûté « plusieurs millions de dollars ».

Ambiance familière

Murs de pierre, bois franc, tapis tissés, luminaires rétros… Il règne dans cet établissement de 34 chambres et suites une ambiance douillette. Chiné chez les antiquaires, le mobilier restauré a une patine, du vécu, ce qui concourt à créer une impression familière, un effet « maison de campagne d’amis ». Des amis au goût sûr, ce que le propriétaire initial, Douglas Lorne McGibbon, aurait certainement apprécié.

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Et pour cause : « c’était le “Gatsby” du Canada ! », s’exclame Michel Tremblay, directeur général de l’hôtel. De M. McGibbon, on sait qu’il est né à Montréal en 1870, qu’il brassait des affaires, disposait de grands moyens financiers, était atteint de la tuberculose et s’était entiché de la région, réputée pour son air pur. Comme c’était alors le seul « traitement » que la médecine pouvait lui offrir, il décida de s’établir à Sainte-Agathe.

« C’était aussi un homme qui avait le sens de la fête et son époque célébrait le glamour », ajoute M. Tremblay. Il en veut pour preuve le fait qu’il accueillait ses invités au bord du lac, près de son écurie, l’actuel théâtre des Patriotes, et qu’il leur faisait traverser le plan d’eau en bateau de sorte qu’ils puissent admirer sa propriété et son jardin à l’italienne, qui existe toujours.

Il les conviait ensuite sûrement à trinquer dans sa salle de bal, qui a retrouvé sa vocation d’origine après avoir servi de chapelle aux Oblats, de 1942 à 2004. La pièce attenante, avant que ces derniers n’en fassent leur sacristie, servait, elle, de salle de squash. « On dirait un country club privé », dit M. Tremblay.

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Pour Guylaine Brault, « l’hôtel offre un environnement calme, ressourçant, où l’on se sent chez soi » et où prime le confort, notamment grâce à un habillage de lit signé Marie l’Oie. On espère qu’on y séjournera pour profiter de la beauté naturelle de la région ; célébrer un anniversaire ou se dire « oui » au jardin ; savourer la cuisine du chef Sylvio Alonso, inspirée par le chef Éric Gonzalez ; se détendre à la piscine, au spa finlandais ou au hammam, aménagé dans l’ancien caveau à légumes ; ou encore, se retrouver entre collègues de bureau dans le cadre d’un séjour de motivation.

Plusieurs salons et coins de lecture à l’atmosphère feutrée invitent effectivement au calme. Dans l’un d’eux trône un superbe piano Steinway que le grand Oliver Jones a « baptisé » lors d’une visite. En attente d’un positionnement d’au moins quatre étoiles, « cet hôtel va redonner ses lettres de noblesse à Sainte-Agathe-des-Monts, qui a déjà été une destination très populaire », estime pour sa part Michel Tremblay.