Proposition de loi contre la dépendance aux écrans en Italie

La mobidépendance, qui touche en particulier les jeunes, se manifeste par un usage compulsif du téléphone intelligent.
Photo: iStock La mobidépendance, qui touche en particulier les jeunes, se manifeste par un usage compulsif du téléphone intelligent.

La dépendance des jeunes aux écrans et à Internet est au coeur d’une proposition de loi en Italie qui vise à lutter contre l’usage abusif, voire pathologique, des ordinateurs et des téléphones intelligents.

Portée par le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème, au pouvoir) à la chambre des députés, cette proposition de loi a pour but de prévenir et de soigner la mobidépendance, ou « nomophobie » (de l’anglais nomophobia, « no mobile phone phobia »), c’est-à-dire la peur de se trouver sans téléphone portable ou d’être dans l’impossibilité de s’en servir.

Le texte propose l’instauration de formations en matière de prévention et de soins ou de programmes spécifiques pour permettre aux parents de détecter les comportements à risques de leurs enfants.

Le texte prévoit aussi d’introduire « l’éducation à un usage conscient du réseau Internet et des réseaux sociaux » dans les établissements scolaires du pays.

Comme les jeux de hasard

La mobidépendance, qui touche en particulier les jeunes, se manifeste par un usage compulsif du téléphone intelligent et un suivi constant des messages ou des réseaux sociaux, souvent jusqu’à une heure avancée de la nuit.

Selon une récente enquête de l’Association nationale Dépendance technologique, relayée lundi par les médias italiens, la moitié des jeunes italiens de 15 à 20 ans regardent leur téléphone intelligent 75 fois par jour.


81%
Un rapport publié en juin montre que 81 % des Italiens âgés entre 18 et 34 ans utilisent leur téléphone ou leur tablette également au lit

Un autre rapport publié en juin montre que 61 % des Italiens utilisent leur téléphone ou leur tablette également au lit, une proportion qui monte à 81 % parmi les 18-34 ans.

Dans la proposition du M5S, qui cite des recherches et des avis de professeurs de psychiatrie, cette dépendance est comparée à la dépendance aux jeux de hasard.

La dépendance au téléphone intelligent « est très semblable aux autres dépendances dans la mesure où elle cause des interférences dans la production de dopamine », la molécule associée au plaisir qui est libérée par le cerveau, précise le texte.