Cirque: des rues de Bogotá à la TOHU

La troupe de cirque El Nucleo est à Montréal pour présenter «Somos».
Photo: Montréal complètement cirque La troupe de cirque El Nucleo est à Montréal pour présenter «Somos».

Ils se sont connus à Bogotá, où ils ont commencé à faire de la danse acrobatique à 11 ans, et ne se sont pas quittés depuis. Ils sont frères, de sang ou de choix. La compagnie de cirque El Nucleo est à Montréal cet été pour présenter Somos, le troisième volet d’une trilogie circassienne entamée il y a quelques années avec le spectacle Quien soy.

Quien soy, c’était l’exploration du duo que forment Wilmer Marquez et Edward Aleman, les fondateurs de la compagnie. « On se demandait alors qui était le porteur et qui était le voltigeur », raconte Wilmer Marquez en entrevue. Ensuite, son collègue, Edward Aleman, a exploré le spectacle solo avec Inquiétudes.

Et aujourd’hui, c’est en groupe qu’El Nucleo présente Somos, qui s’intéresse précisément à la quête identitaire dans un groupe. « Somos pose la question : “qui suis-je moi, par rapport au groupe ?” », dit Wilmer Marquez. Ils sont donc cinq Colombiens et un Italien, mais plus largement, Somos est une métaphore de la société actuelle.

Si le spectacle s’inspire fortement de l’expérience de vie des membres de la compagnie, il aspire aussi à traduire une expérience universelle. « C’est une métaphore de ce que nous sommes. Nous sommes les fils de l’époque, poursuit Marquez. Nous sommes des enfants du monde, que nous soyons Syriens, Palestiniens ou Français. »

Mais c’est dans l’enfance que s’amorce la genèse de Somos. Autodidactes, les membres d’El Nucleo étaient tout jeunes lorsqu’ils ont appris le breakdance, la capoeira et un peu de jonglage à Bogotá. « On a formé notre première troupe de danse et d’acrobatie dans notre quartier. Personne ne nous avait dit de le faire. On jouait dans les collèges, dans les lycées, dans tout ce qui était centre communautaire. »

Puis, Wilmer Marquez et Edward Aleman quittent la Colombie pour la France, où ils fréquentent le Centre national des arts du cirque de Châlons-en-Champagne. Leurs amis d’enfance, avec lesquels ils ont rêvé de devenir artistes de cirque, les rejoignent les uns après les autres. À l’exception d’un, d’abord retenu à cause de problèmes de papiers, puis décédé l’année dernière avant d’avoir pu les retrouver. La compagnie lui rend d’ailleurs hommage à chaque spectacle. « Son petit frère est dans la troupe », explique Wilmer Marquez.

Choisir sa famille

Pour les membres d’El Nucleo, il y a la famille à laquelle on appartient à la naissance et celle que l’on choisit. Dans cette famille, on s’entraide et on se bat, aussi, parfois.

« Alors, c’est un spectacle qui est basé sur notre histoire à nous, sur la façon dont on s’est rencontrés. Mais on ne veut pas que ce soit une histoire de Bogotá. On propose des images pour que les gens puissent se projeter dedans », dit Wilmer Marquez.

Sur le plan scénographique, la compagnie ne déploie que des éléments de décor qui sont utilisés durant le spectacle.

C’est le cas des tatamis de judo blancs qui seront utilisés comme des pages blanches sur lesquelles les corps écrivent leur histoire. C’est le cas aussi de la poudre de magnésie utilisée par les acrobates pour ne pas glisser. Somos utilise aussi une puissante installation d’éclairage.

Le spectacle Somos sera présenté à la Tohu du 10 au 14 juillet.