Machinations circassiennes

Le spectacle «La Galerie» met en scène sept artistes de cirque et une musicienne multi-instrumentiste.
Photo: Loup-William Théberge Le spectacle «La Galerie» met en scène sept artistes de cirque et une musicienne multi-instrumentiste.

C’est par une visite dans une galerie d’art que commence le nouveau spectacle de la compagnie québécoise Machine de cirque. L’une des visiteuses, une peintre, porte un regard original sur les oeuvres. La galerie et les oeuvres sont imaginaires, c’est la réaction des visiteurs qui ne l’est pas. La visiteuse bascule alors dans un monde fictif. Elle y trouve des références à d’autres tableaux et à d’autres époques, avant de revenir dans le monde initial où elle crée son oeuvre.

Ce nouveau spectacle de Machine de cirque, intitulé La Galerie, qui est aussi une réflexion sur l’art, a mûri longtemps dans la tête de ses créateurs.

« C’est arrivé du metteur en scène Olivier Lépine, dit Vincent Dubé, le fondateur de la compagnie. La réflexion a débuté par le visionnement du film The square, qui a remporté la palme d’or à Cannes en 2017. « Cela a nourri toutes sortes de discussions sur ce qu’est l’art, poursuit Vincent Dubé. On a fait un parallèle avec une démarche artistique. Cela a généré un paquet d’idées qui se nourrissaient les unes les autres. On a sorti des études sur le fonctionnement du cerveau ».

Au moment de notre rencontre, Vincent Dubé venait de livrer la première mondiale du spectacle, au Festival des sept collines, à Saint-Étienne, en France.

« Ç’a vraiment bien été. On a eu une ovation debout. C’est un spectacle où on laisse peu de place au public pour applaudir. Alors, c’est toujours inquiétant de voir la réaction du public à la fin », dit Dubé.

Place à la musique

La Galerie met en scène sept artistes de cirque et une musicienne multi-instrumentiste. « Dans les spectacles de machine de cirque, la musique n’est pas là pour masquer ce qui n’est pas bon. Elle supporte ce qui se passe sur scène. La musicienne circule, c’est très mobile ».

Cette facette du travail de Machine de cirque est importante, explique-t-il. Les musiciens y sont généralement invités à livrer eux-mêmes une performance physique.

« On veut sortir de la boîte », dit Vincent Dubé, faisant référence au travail de recherche créative de la compagnie. Il le décrit comme un « processus d’évasion, même s’il n’est pas physique. Il y a toujours un voyage intérieur ». Machine de cirque aime aussi intégrer des éléments de décor que la compagnie utilise à des fins détournées. Elle joue ici avec des barrières rétractables, comme celles que l’on trouve dans les aéroports. « On s’en sert pour faire des parcours acrobatiques «, La scénographie est aussi composée de murs qui changent et qui amènent le spectateur d’un monde à l’autre. « Je suis ingénieur de formation, mais je suis jongleur, donc j’ai un rapport aux objets qui est non conventionnel », dit-il.

La Galerie est le troisième spectacle de la compagnie Machine de cirque. Le premier, éponyme, mettait en scène les six cofondateurs de la compagnie, et racontait l’histoire de cinq rescapés de l’apocalypse. On pouvait notamment y voir le fameux numéro de serviettes qui est devenu viral sur les réseaux sociaux. À l’occasion du 150e anniversaire du Canada, la troupe a créé Truck Stop, un spectacle ambulant qui les a menés aux quatre coins du pays. La Galerie reprendra pour sa part le parcours des salles traditionnelles.

La Galerie

Machine de cirque À La Tohu, du 4 au 14 juillet