Le mandat du commissaire à l’ONF renouvelé

Le commissaire Claude Joli-Coeur a vu son mandat renouvelé pour trois ans.
Photo: Office national du film du Canada Le commissaire Claude Joli-Coeur a vu son mandat renouvelé pour trois ans.

Le commissaire du gouvernement fédéral à la cinématographie à l’Office national du film du Canada (ONF), Claude Joli-Coeur, a vu son mandat renouvelé pour trois ans, a annoncé jeudi le ministre du Patrimoine canadien et du Multiculturalisme, Pablo Rodriguez.

« Je me réjouis du nouveau mandat de Claude Joli-Coeur à titre de commissaire de l’Office national du film. Grâce à ses priorités d’inclusion, d’innovation et d’engagement public, M. Joli-Coeur a fait de l’ONF le centre d’impact social du cinéma », a déclaré le ministre dans un communiqué. Il ajoute qu’au cours de son prochain mandat, le commissaire aura pour tâches de superviser le déménagement du siège social de l’ONF dans le Quartier des spectacles à Montréal, « afin que l’organisme soit bien placé pour entreprendre sa prochaine phase de croissance ».

M. Joli-Coeur travaille au sein de l’ONF depuis 2003. Entre 2007 et 2014, il y a occupé le poste de commissaire adjoint, pour lequel il a dirigé les relations gouvernementales, la planification stratégique, les relations d’affaires et les services juridiques. En 2007 et en 2014, il a également occupé le poste de commissaire intérimaire, avant d’être finalement nommé commissaire du gouvernement à la cinématographie en novembre 2014.

Une nomination critiquée

Jeudi, NFB / ONF Création, qui représente plus de 250 cinéastes canadiens, a publié un communiqué pour faire part de ses inquiétudes quant au renouvellement du mandat de Claude Joli-Coeur. L’organisation réclame une hausse des sommes destinées à la production de films.

NFB / ONF Création soutient que le financement destiné à cet effet a connu une baisse de 56 % au cours des 16 dernières années, alors que les dépenses consacrées à l’administration, au marketing et aux salaires des cadres ont pour leur part augmenté.

« Seule une petite partie de l’allocation gouvernementale de l’ONF est maintenant consacrée à la production de films, ce qui se traduit par moins d’oeuvres produites et moins d’opportunités pour les artistes et les cinéastes », a dénoncé le réalisateur Chris Landreth, en ajoutant que l’ONF est « en crise ».

Le regroupement de cinéastes soutient avoir discuté avec M. Joli-Coeur et l’équipe de direction de l’ONF depuis deux ans, en plus d’avoir rencontré le ministre Rodriguez en janvier dernier. Des discussions qui sont « dans une impasse ».

« Nous avons fait pression pour obtenir des changements, mais malheureusement, le renouvellement du mandat de Claude Joli-Coeur indique clairement que nos préoccupations n’ont pas été entendues », s’est désolé le réalisateur Philippe Baylaucq.

Le porte-parole du groupe et cinéaste Munro Ferguson a quant à lui prédit que cette nomination « va sans doute jeter une ombre sur le déménagement de l’ONF vers son nouveau siège social ».