Les flâneurs

Odile Tremblay

Échos de grandes paroles
Voir au cinéma le collectif Les sept dernières paroles, c’est plonger en méditation sous les accords de Franz Joseph Haydn. On devait au grand compositeur autrichien l’Opus 51, sept sonates d’après les sept dernières paroles du Christ retenues par les Évangiles, sur fond de désespoir, de foi, de douleur, d’humanité profonde surtout. Dans ce film à sketchs, forcément inégal mais de haut niveau, six cinéastes canadiens s’en inspirent avec des images contemporaines sous les archets du Callino Quartet. Cette oeuvre profonde et émouvante devrait faire la tournée des festivals de films internationaux.


Philippe Papineau

Les Rouges dans la forêt verte
La bédé La petite Russie, de Francis Desharnais, est un hybride entre le livre d’histoire et l’album de famille. L’auteur y raconte l’arrivée de son grand-père Marcel et de son épouse Antoinette à Guyenne, en Abitibi, à la fin des années 1940. L’intérêt principal de cette colonie est qu’elle fonctionnait sous forme de coopérative où les travailleurs du bois redonnaient la moitié de leur salaire pour son développement. La petite Russie se lit comme une fiction bien québécoise et permet en même temps de réfléchir sur notre territoire et ses ressources, en plus de mettre en avant ceux qui ont défriché la trail.


Valérie Duhaime

La bataille de l’Europe
En deux ans et demi, le balado quotidien du New York Times, The Daily, s’est installé parmi les incontournables de l’information racontée. Parfois une vitrine sur les reportages publiés dans le journal, parfois un éclairage sur un enjeu précis, la quotidienne animée par Michael Barbaro est un moment de profondeur dans un écosystème tout en rapidité. La semaine dernière, The Daily offrait une plongée dans les nationalismes européens, parcourant la France, l’Italie, la Pologne et l’Allemagne. Une mise en perspective plus que bienvenue.


Sylvie St-Jacques

Les baronnes s’éclatent
Déployant leurs dons satiriques pour créer des sketchs sur l’âge, la parentalité, la réalité LGBTQ, la mode, l’amitié ou la vie de bureau, les Baronness Von Sketch donnent dans un humour féministe teinté d’absurde. Union humoristique formée par Carolyn Taylor, Meredith MacNeill, Aurora Browne et Jennifer Whalen, ce quatuor né à CBC offre sur Netflix trois saisons d’épisodes de 30 minutes écrits et joués par des comédiennes qui, plutôt que de cacher leur âge, leurs rides et leurs rondeurs, se mettent en scène dans diverses situations aussi burlesques que réelles. Franchement hilarant et rafraîchissant.