Les flâneurs


Odile Tremblay

Pavarotti retrouvé

Le cinéaste Ron Howard (A Beautiful Mind) est également un documentariste de grand talent. Voici qu’il se penche, avec des images d’archives inédites, sur la vie et la carrière de Luciano Pavarotti. Et c’est l’âme du grand ténor italien, sa personnalité de charme, son sourire radieux qui ressuscitent entre les performances charnières de son immense carrière planétaire. L’humanité de cet artiste hors normes, ses failles aussi, sa voix inimitable bouleversent dans Pavarotti, qui a gagné nos salles.

 


Caroline Montpetit

Rappeur francoricain

Il dit faire « monter le taux d’immortalité chez les moins de 30 ans ». Et ils en ont sans doute bien besoin. Après avoir foulé le Centre Bell de son pas élastique le week-end dernier, Loud, de son vrai nom Simon Cliche Trudeau, reste parmi nous sur son plus récent opus, Tout ça pour ça. Le titre illustre bien le flegme de ce rappeur francophone très fier de fracasser des records, qui est arrivé sur scène à bord d’une cabine d’un avion « francoricain ». Ses mots disent une réalité brute, saccadée, l’ambition, toujours l’ambition, d’un jeune artiste et du milieu dans lequel il évolue. « Vaut mieux être soi-même que mal accompagné », comme il dit. Pour l’instant, ce n’est pas la bonne compagnie qui lui manque.

 


Sylvie St-Jacques

Voile levé sur un Québec divisé

« Il faut que Dalila écoute Janette et que Janette écoute Dalila », confie l’anthropologue Serge Bouchard à la caméra du Procès 2.0, documentaire de Nadia Zouaoui. Pour ce film qui est une sincère entreprise de compréhension d’un Québec meurtri par le débat sur les signes religieux, la cinéaste donne la parole à Dalila Awada, Anne-France Goldwater et d’autres Québécois survivants de la Twittosphère qui en ont lourd sur le coeur. Certes, on pourrait croire que tout (et même trop !) a été dit sur le sujet. Mais en visionnant Le procès 2.0, on constate qu’il fait bon d’entendre un grand négligé dans tout ce débat : le dialogue. Sur Tout.tv.

 


Félix Deschênes

Revisiter le nom composé

Pourquoi les familles québécoises sont-elles aujourd’hui si peu nombreuses à donner un nom de famille double à leurs enfants ? C’est la question féconde au coeur du balado féministe Le nom de ma mère, réalisé par la bien nommée Marie-Hélène Frenette-Assad. L’animatrice retourne sur la réforme du Code civil qui a aboli en 1981 la transmission systématique du nom du père, puis interroge des femmes de diverses générations sur l’importance du « droit d’exister » dans le nom des enfants. Malgré sa narration parfois formatée et sa trame de piano un peu appuyée, le balado en vaut l’écoute pour sa cohérence et ses entrevues hautement pertinentes.