La Caisse de la Culture: une institution imaginée par les artistes

Charles-Édouard Carrier Collaboration spéciale
La directrice générale de la Caisse de la Culture, Marie-Christine Cojocaru
Photo: Fabrice Gaëtan La directrice générale de la Caisse de la Culture, Marie-Christine Cojocaru

Ce texte fait partie du cahier spécial CALQ – Caisse de la culture

« La culture en tête et les artistes à cœur. » Tel est le slogan de la Caisse Desjardins de la Culture, seule institution coopérative financière consacrée à 100 % au secteur culturel. Alliée des artistes, moteur de l’économie culturelle et tremplin pour les organismes et les entrepreneurs culturels, la Caisse a permis à des milliers de travailleurs autonomes d’accéder à la propriété, de concrétiser des projets artistiques et d’atteindre, voire de dépasser leurs objectifs de croissance.

La Caisse de la Culture a été fondée en 1994, au même moment que le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ). Sans être un organisme gouvernemental, la Caisse est née à la suite d’un congrès de l’Union des artistes (UDA) où l’on réclamait des services financiers adaptés à la réalité du milieu culturel. « À l’époque, il y avait toute une effervescence dans le milieu de la culture, explique Marie-Christine Cojocaru, directrice générale de la Caisse de la Culture. La raison de cet élan, de cette impulsion était le désir d’avoir un outil collectif pour le milieu où l’enjeu principal était l’accès au crédit pour les travailleurs autonomes. » Plus tard, les OBNL, les organismes culturels et les entreprises culturelles ont eux aussi manifesté leur désir d’avoir une réponse adaptée à leurs besoins.

Ce défi que représentait l’accès à du financement pour les artistes est toujours d’actualité. « Ce besoin est encore là, et notre mission est d’accompagner les artistes, artisans et créateurs pour qu’ils se dotent d’un patrimoine financier décent, précise Mme Cojocaru. Et ça passe souvent par l’acquisition d’une propriété. »

Une expertise à développer

Un metteur en scène, un monteur, un preneur de son ou un chorégraphe tentent d’expliquer leur réalité professionnelle pour obtenir une aide financière ? Les institutions traditionnelles sont souvent frileuses lorsque les demandes sortent des cadres habituels. « À la Caisse de la Culture, ils sont accueillis. On sait où ils travaillent, on comprend comment sont générés leurs revenus, on comprend la valse des contrats, on pose les bonnes questions », fait valoir Mme Cojocaru.

Pour en arriver là, la Caisse de la Culture a appris à voir les choses autrement : « C’est une expertise que nous avons développée au fil des ans, se souvient Mme Cojocaru. Il a fallu trouver des solutions pour faire des montages financiers, comprendre comment l’écosystème fonctionne, les organismes de soutien, leurs rôles, leurs missions. »

La Caisse aux premières loges

 

Le milieu artistique, comme bien d’autres domaines, fait partie de ces univers où tout bouge rapidement. On n’a qu’à penser à l’évolution des plateformes de diffusion, ou encore à l’arrivée du numérique. « La façon de consommer la culture a un impact direct sur nos membres, organismes et entreprises. Et parce que nous sommes au service du milieu, il faut s’adapter. La meilleure façon d’y arriver, c’est de s’impliquer pour comprendre », estime Mme Cojocaru.

Forums, associations d’artistes, colloques, conférences : la Caisse de la Culture se fait un devoir de rester à l’affût des changements qui touchent à la fois l’ensemble de ses membres et le milieu de la culture, comme l’explique la directrice générale : « Il faut être en phase avec ce qui se passe. En étant sur le terrain, ça nous donne une vision 360 degrés et une compréhension des besoins qui dépasse les échanges qu’on peut avoir dans nos bureaux. Les modèles d’affaires changent, les supports ne sont plus les mêmes, la rémunération non plus. Nous n’avons d’autre choix que d’être proactif. »

Le futur de la Caisse de la Culture

 

En ces célébrations du 25e anniversaire de la Caisse de la Culture, la directrice formule ce souhait : « Se faire connaître davantage, fédérer plus d’artistes et, surtout, toujours avoir cette sensibilité d’écoute, d’audace et d’avant-garde. Nous oeuvrons dans une coopérative où il faut non seulement être engagé, mais aussi passionné. Nous faisons face à toutes sortes de situations et, bien humblement, notre motivation nous pousse à faire une différence en contribuant à la mise en place d’un outil collectif pérenne. »

La Caisse en quelques chiffres

Desjardins a fait preuve d’audace en créant une coopérative pour les travailleurs autonomes du milieu culturel. Si elle fait bonne figure depuis ses débuts, elle se classe aujourd’hui au 3e rang sur 100 des Caisses les plus performantes du Mouvement Desjardins. « Nos résultats financiers le démontrent année après année, les artistes honorent leurs engagements financiers », déclare fièrement la directrice de l’organisation, qui compte aujourd’hui 7000 membres.

Depuis la création du Fonds d’aide au développement du milieu en 2008, la Caisse de la Culture a accordé 2,4 millions en soutien financier à 450 projets du domaine culturel. En 2018 seulement, ce sont 370 000 $ qui ont été distribués par ce programme, auxquels s’ajoutent 85 000 $ en dons et commandites, pour un total de 455 000 $ en soutien au milieu.

Le volume d’affaires sous gestion de la Caisse de la Culture atteint 757 millions.


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