Faire rayonner les arts et les artistes d’ici

Charles-Édouard Carrier Collaboration spéciale
La présidente-directrice générale du CALQ, Anne-Marie Jean
Photo: Fabrice Gaëtan La présidente-directrice générale du CALQ, Anne-Marie Jean

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Aux dires de plusieurs, le Québec possède une force créatrice puissante. Qu’il s’agisse de répondre aux enjeux de diffusion auxquels fait face le milieu culturel, de s’adapter à l’arrivée du numérique, de défendre l’importance de faire une place à la diversité culturelle ou de permettre l’essor d’un dynamisme culturel en région, le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) a contribué à appuyer et à assurer le développement et le rayonnement du milieu. Aujourd’hui, l’organisation célèbre 25 ans de défis et 25 ans de succès.

Le CALQ est né d’une volonté collective du milieu qui souhaitait que le gouvernement québécois se dote d’une instance de ce type. « Le milieu savait que c’était possible puisque cela existait ailleurs dans le monde, fait valoir Anne-Marie Jean, l’actuelle présidente-directrice générale du CALQ. C’est donc pour donner suite aux consultations en vue de la Politique culturelle du Québec que le CALQ a vu le jour en 1994. C’était dans la mouvance des réflexions de l’époque. C’est d’ailleurs né en même temps que la Caisse de la culture. Le milieu souhaitait se doter des meilleurs outils possible pour assurer son développement. »

Au CALQ, les artistes et les travailleurs du milieu culturel participent au développement en contribuant à la prise de décision, et ce, depuis le tout début. « On se base sur l’expertise que possèdent les artistes et les travailleurs culturels, qui nous formulent des recommandations », précise Mme Jean. C’est donc sur la base de celles-ci que le CALQ prend ses décisions. « Si on regarde la ligne du temps, on voit qu’il y a eu des comités pour réfléchir au numérique, à la diffusion, à l’aide à la tournée ou encore pour s’assurer que les programmes que l’on offre au milieu sont les plus pertinents possible, continue Mme Jean. Et si on doit les adapter, on s’assoit à la table à dessin avec les artistes. »

En 25 ans d’existence, le CALQ a utilisé différents mécanismes pour rester en contact avec les milieux, demeurant ainsi très actif sur le terrain. « Nous rencontrons les regroupements et associations professionnelles deux fois par année pour discuter des enjeux particuliers, selon les disciplines et les secteurs, explique la présidente. Mais nous allons au-delà de ça. Par exemple, lorsque l’on a constaté que la diffusion à l’ère numérique posait des enjeux, les diffuseurs et des spécialistes de la diffusion ont été invités à travailler avec nous dans un grand chantier qui s’est échelonné sur un an. Nous sommes constamment en réflexion, en action et en réaction. »

En septembre 2016, le CALQ exprimait son désir d’assurer le développement équitable et durable des arts et des lettres partout au Québec. « Il s’agit d’investir dans un soutien qui puisse être pérenne, explique Anne-Marie Jean. Il y a toute une chaîne, de la formation de nos artistes et professionnels jusqu’à leur rayonnement à l’international. Les investissements qu’on fait doivent donc leur permettre de développer leur carrière, de rayonner et d’éventuellement vivre de leur art. »

Dans cette approche durable et pérenne, il importe d’autre part de multiplier les efforts auprès de la relève. À cet égard, le CALC assure avoir toujours eu le souci que celle-ci ait accès à des programmes où il y aurait le moins de barrières possible à l’entrée. « Nous avons aussi un regard bienveillant sur les crédits que les artistes de la relève reçoivent, précise Mme Jean. Un artiste de la relève peut être jeune, avoir de grandes ambitions et avoir des projets qui requièrent des crédits plus importants. Il faut lui permettre de se réaliser. Notre nouveau programme de bourse qui sera mis en oeuvre cet automne tiendra compte de cette réalité. »

Que souhaiter au CALQ pour son 25e anniversaire ? « Il faut poursuivre ce développement, continuer à avoir cette agilité à nous adapter à ce monde changeant, puisque c’est un milieu qui évolue sans cesse, dans lequel le Québec tire son épingle du jeu, répond la p.-d.g. Je crois que nous avons le vent dans les voiles. Aux artistes et aux compagnies artistiques, c’est pour eux que je formule ce souhait. Nous, notre rôle est d’être derrière, de les appuyer et de réfléchir avec eux. »

Le CALQ en quelques chiffres

Depuis sa création, le CALQ a accordé 30 000 bourses, aidant ainsi quelque 11 000 artistes d’ici. Quelque 2700 organismes ont aussi été soutenus par le CALQ et ont profité de l’aide de 27 000 subventions pour soutenir leur développement.

Le CALQ a aussi rendu possibles 800 séjours dans les studios et ateliers-résidences à l’international. À ses débuts, l’organisme ne disposait que de quatre studios. Aujourd’hui, il a un réseau de 35 studios et ateliers-résidences répartis sur tous les continents, permettant ainsi de faire passer le nombre d’artistes québécois séjournant annuellement à l’étranger de 8 en 1994 à 55 en 2019.

Le CALQ investit 8 millions chaque année pour soutenir la présence d’artistes et d’organismes artistiques québécois dans 66 pays à travers le monde.

Lors de sa création en 1994, le CALQ pouvait compter sur un budget annuel de 40 millions. Vingt-cinq ans plus tard, celui-ci a presque quadruplé, pour atteindre 138 millions en 2019.