Musées en région: la grande tournée d’été

Anne-Sophie Poiré Collaboration spéciale
Une cinquantaine d’années après sa première édition, Saint-Tite demeure le rendez-vous annuel de quelque 600 000 festivaliers.
Photo: Jean-François Nadeau Le Devoir Une cinquantaine d’années après sa première édition, Saint-Tite demeure le rendez-vous annuel de quelque 600 000 festivaliers.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

L’été, il y a plus de touristes, et les établissements doivent inévitablement se tenir prêts à les accueillir. Si certains grands musées ont leur « superproduction », d’autres s’adaptent à la recrudescence de l’affluence par une offre multilingue ou par des activités adaptées à la période estivale.

 

Musée POP : Notre Far West

En 1967 était inauguré le Festival western de Saint-Tite. Le Musée de la culture populaire du Québec à Trois-Rivières souligne le parcours de cet événement devenu la plus importante attraction western de l’est du Canada.

L’entreprise G.A. Boulet, spécialisée dans le cuir, oriente alors sa production vers la fabrication de bottes western. Pour promouvoir cette nouvelle stratégie, une journée rodéo est organisée par la compagnie, qui transforme le terrain de baseball municipal pour l’événement. Malgré la pluie qui s’acharne, près de 6000 visiteurs assistent à ce qui était d’abord une opération marketing.

Un peu plus de 50 ans plus tard, la petite communauté mauricienne de 4000 habitants demeure le rendez-vous annuel de quelque 600 000 festivaliers, « athlètes de rodéo » et artistes du country pendant les dix jours du festival. En franchissant les portes westerns de l’exposition, le public part à la rencontre de celles et ceux qui ont forgé ce véritable phénomène de la culture populaire. Notre Far West se poursuit jusqu’au 2 septembre.

Musée des beaux-arts de Sherbrooke : Marcel Barbeau. Vibrato

Réalisée à partir des œuvres de la collection permanente du Musée d’art de Joliette, l’expo Marcel Barbeau.Vibrato rend hommage au peintre et sculpteur québécois en retraçant les moments clés de sa période optique.

Après la dissolution des automatistes au milieu des années 1950, Marcel Barbeau mène une vie de nomade entre Paris, le Canada et les États-Unis. En 1964, il part pour New York. Il s’adonnera alors à l’art optique. Le mouvement d’envergure internationale regroupe des artistes dont les œuvres, s’inspirant de théories scientifiques, exploitent la faillibilité de l’œil à travers les illusions ou les jeux optiques. L’exposition se tiendra du 15 juin au 29 septembre.

Musée des Abénakis : L’Indien au-delà d’Hollywood

Au Musée des Abénakis, à Odanak, sur la rive est de la rivière Saint-François, à 32 kilomètres de Sorel, l’exposition L’Indien au-delà d’Hollywood révèle l’image des Autochtones dans la culture populaire. Entre le « guerrier galopant dans la plaine sauvage », la « princesse indienne dans un tipi » et les nombreux produits de consommation affichant des « Indiens à plumes », les figures d’Autochtones inventées et véhiculées par le cinéma du XXe siècle, particulièrement dans les westerns, renvoient à une iconographie stéréotypée.

Une seconde zone illustre combien ces images stéréotypées, largement diffusées par les films hollywoodiens et les émissions de télévision populaires, sont incrustées dans l’imaginaire collectif. Sont ainsi rassemblés nombre d’objets et d’images caricaturales, révélant leur récurrence sur le marché de la consommation.

La troisième zone aborde finalement le sujet d’un point de vue plus actualisé. Le visiteur y découvre à quel point cette longue histoire amène aujourd’hui les membres des Premières Nations à prendre la parole, à se réapproprier leur image culturelle et à dénoncer l’utilisation erronée de leur image.

L’Indien au-delà d’Hollywood vise à une meilleure compréhension et à une plus grande connaissance des réalités contemporaines des Premières Nations. Elle se veut « un lieu d’échanges entre allochtones et Autochtones, explique le Musée, contribuant au processus de réconciliation et de rapprochement entre les cultures ». L’exposition se poursuit jusqu’au 22 décembre.

Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul : Jacques Hurtubise

Niché au centre-ville de Baie-Saint-Paul, dans le cœur de son quartier culturel, le Musée d’art contemporain souligne du 19 juin au 3 novembre le travail du peintre montréalais Jacques Hurtubise. « Quand la lumière s’éteint, elle revient en noir », scande l’exposition, qui rend hommage à l’artiste manifestement influencé par le groupe des plasticiens de Montréal, dit-on. Jeux d’optique et couleurs électriques, ses œuvres pleines de vivacité oscillent entre l’abstraction géométrique, le pop-art et la gestuelle de l’automatisme.

 
Photo: Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul Jacques Hurtubise, «Roxie», 1974

Musée de la Gaspésie : Madame Bolduc en tournée

Jusqu’au 29 septembre, le Musée de la Gaspésie invite à revivre l’épopée des tournées de La Bolduc. À partir de photographies, d’objets inédits, le visiteur accompagne la Gaspésienne qui a enregistré près de 100 chansons et vendu des milliers de disques, de la loge à la scène, en passant par les studios de radio et divers théâtres. La salle immersive « La Bolduc, turlutes du bon vieux temps » plonge dans les souvenirs de Mary Travers.

Photo: Musée de la Gaspésie Madame Bolduc, vers 1930