De l’univers darwinesque au site de Miguasha

Catherine Martellini Collaboration spéciale
L’exposition «Curiosités du monde naturel» comprend le squelette d’un tigre à dents de sabre.
Photo: Musée d'histoire naturelle de Londres L’exposition «Curiosités du monde naturel» comprend le squelette d’un tigre à dents de sabre.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Une des rares pages manuscrites tirées de l’ouvrage L’origine des espèces du célèbre naturaliste Charles Darwin marque le point de départ de l’exposition Curiosités du monde naturel, qui s’amène au Musée de la civilisation à Québec tout l’été. Ce sont plus de 200 pièces de la préhistoire et de découvertes scientifiques qui sont présentées en primeur nord-américaine.

Après un passage en Asie, à Tokyo, à Singapour et à Taipei, cette exposition tirée de la vaste collection du Musée d’histoire naturelle de Londres, un des plus anciens du monde et encore aujourd’hui l’un des plus importants, avec ses 80 millions d’objets, s’arrête à Québec à compter du 16 mai.

Tigre à dents de sabre datant de 12 000 ans, squelettes de la préhistoire et fragment d’une météorite de Mars comptent parmi les trésors de cette exposition, divisée en sept zones. La première est consacrée à Darwin et à sa théorie de l’évolution des espèces, laquelle a marqué les conceptions de la société.

Puis les visiteurs mettront le cap sur les découvertes d’autres grands explorateurs et naturalistes, comme James Cook et Richard Owen, qui ont participé à l’avancée des connaissances humaines.

« Deux sections présentent de plus les collectionneurs et les œuvres d’artistes qui ont, chacun à leur façon, contribué à diffuser le savoir au fil du temps », précise Stéphan Laroche, directeur général du Musée de la civilisation.

Une zone est aussi consacrée au Musée d’histoire naturelle de Londres, de même qu’aux espèces disparues ou en voie de l’être. « Notre exposition souhaite favoriser la réflexion des visiteurs sur la grande fragilité de la nature, qui se trouve à un moment charnière de son histoire », mentionne-t-il.

Des fossiles bien de chez nous

À ces pièces s’ajoutent une cinquantaine d’objets du Québec, du Canada et d’Amérique du Nord. Un fossile du site du parc national de Miguasha, classé dans la liste des sites naturels du patrimoine mondial de l’UNESCO, un squelette de petit rorqual et de béluga, deux cétacés emblématiques de notre région, de même que des minéraux uniques provenant du mont Saint-Hilaire figurent parmi cette collection.

« Le Musée de la civilisation est toujours fidèle à sa mission d’adapter les expositions qu’elle reçoit pour y ajouter des aspects culturels et historiques d’ici », explique Stéphan Laroche.

Le travail de grands naturalistes d’ici qui ont permis de mieux faire connaître la flore et la faune de notre coin du monde est aussi présenté. Parmi eux, Dawson, qui a fait ses études à l’université McGill, mais aussi Marie-Victorin, pour ne nommer que ces deux-là.

Une autre exposition se déroulera en même temps, soit Venemum. Un monde empoisonné, qui propose un vaste tour d’horizon des poisons, autant en médecine que dans l’univers criminel. « Les deux expositions sont à la fois différentes et complémentaires dans la richesse du contenu et les pistes de réflexion qu’elles proposent », note Stéphan Laroche.

Cette complémentarité s’observe même dans la présentation visuelle des salles : Venemum investit un lieu tout en noir pour cultiver le mystère, tandis que Curiosités du monde naturel mise sur la luminosité avec sa salle complètement peinte en blanc, mettant en évidence les objets du monde naturel.