Expérimenter Leonardo da Vinci

Anne-Sophie Poiré Collaboration spéciale
L’exposition comprend une analyse de «La Joconde», l’œuvre la plus célèbre de Leonardo da Vinci.
Photo: Ingenium / Musées des sciences et de l'innovation du Canada L’exposition comprend une analyse de «La Joconde», l’œuvre la plus célèbre de Leonardo da Vinci.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

L’ouverture de l’exposition itinérante «Leonardo da Vinci. 500 ans de génie» au Musée des sciences et de la technologie à Ottawa, le 2 mai, soulignait parallèlement le 500e anniversaire de la mort de l’« homme de la Renaissance ». Ce qui définit le mieux la contribution de Leonardo da Vinci selon le musée ? Ses habiletés en observation, à l’intersection des arts, de la science et la technologie.

Pour son seul arrêt canadien, l’exposition propose une exploration exhaustive de l’œuvre de l’inventeur, artiste, scientifique, anatomiste, ingénieur, architecte, sculpteur et philosophe « comme jamais auparavant », croit Carolyn Holland, agente d’interprétation aux expositions du Musée des sciences et de la technologie du Canada.

10 000 pieds carrés d’expérience immersive plongent le public dans le cerveau de Leonardo da Vinci. En tout, 200 éléments y sont présentés, dont une centaine de reproductions de ses inventions. Ce sont des versions de ses codex déchiffrés par une équipe d’artisans italiens qui auront permis de les reconstituer. Les livres sont présentés au musée sur écran tactile.

Les visiteurs pourront non seulement voir, mais aussi interagir avec ses conceptions mécaniques, œuvres d’art et costumes, en plus d’animations résumant ses plus importants travaux.

Une galerie installée dans une pièce indépendante, gracieuseté de la technologie SENSORY4, combinant animation graphique, contenu multimédia et récits audio, raconte la vie de Leonardo da Vinci, dont « le talent artistique a nourri l’intérêt scientifique, rappelle Carolyn Holland. Son travail a jeté les bases de certaines des inventions les plus notables de la société moderne, comme l’hélicoptère, l’avion, l’automobile, le sous-marin, le parachute et la bicyclette ». Vol, vie civile, technologies militaires, hydrauliques, nautiques et optiques : 17 zones thématiques se partagent l’exposition.

Leonardo da Vinci. 500 ans de génie comprend également l’exposition internationale Les secrets de La Joconde — qui en compte 25 exactement —, soit une analyse de son œuvre la plus célèbre exécutée au Musée du Louvre par Pascal Cotte. Les recherches de l’ingénieur scientifique, examinateur et photographe artistique de l’entreprise française Lumiere Technology demeurent bien centrales dans l’expérience : une caméra aura permis de décomposer le spectre lumineux non plus en 3 couleurs, mais bien en 13 mesures, des UV aux infrarouges, pour ainsi analyser les différentes couches du tableau de Vinci.

« L’œuvre de Leonardo da Vinci se trouve au carrefour de tous les domaines. Il démontrait l’anatomie autant dans ses toiles que dans ses dessins scientifiques ; ses machines volantes sont issues de l’art et des sciences ; il a expérimenté la chimie de la peinture pour améliorer l’intensité des couleurs. Fasciné par le monde, générateur d’idées, rêveur, il s’intéressait au fonctionnement des choses », raconte Carolyn Holland.

Elle définit le legs de Leonardo da Vinci d’« étonnant ». « On peut encore s’en servir pour comprendre les défis auxquels les sociétés sont aujourd’hui confrontées. »

L’exposition a été élaborée par Grande Exhibitions en Australie et le Museo Leonardo da Vinci à Rome, en plus de nombreux experts et historiens d’Italie et de France. L’idée, selon Carolyn Holland, est d’intéresser autant les fervents admirateurs de Vinci que celles et ceux qui le découvrent pour la première fois. Elle se poursuit jusqu’au 2 septembre.