Les beaux-arts sous un soleil d’été

Charles-Édouard Carrier Collaboration spéciale
Le Musée des beaux-arts de Montréal
Photo: Terry Richel Le Musée des beaux-arts de Montréal

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Pendant la période estivale, ce sont surtout les touristes qui franchissent les portes du Musée des beaux-arts de Montréal, contrairement au reste de l’année où la clientèle montréalaise est à plus forte proportion. Pourtant, l’établissement a énormément à offrir aux Montréalais qui choisissent de le visiter seuls ou en famille. Visite guidée de cet établissement implanté au cœur de la métropole depuis 1860.

Qui oserait franchir les portes d’un musée par une belle et ensoleillée journée d’été ? La compétition est forte entre un après-midi au parc et la visite d’une des galeries du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM), mais Pascale Chassé, directrice des communications au MBAM, ne s’en formalise pas trop : « Le beau temps nous amène quand même des visiteurs, surtout lorsqu’il y a des canicules et que les gens cherchent de l’air conditionné », lance-t-elle en riant.

Et le MBAM a su bien exploiter son espace extérieur pour offrir un bain de soleil sous le signe des arts. « Aujourd’hui, nous sommes en train d’installer Le soleil de Dale Chihuly devant le musée. C’est devenu une icône pour la métropole », dit-elle en parlant de l’impressionnante sculpture formée de 1300 rayons de verre soufflé et qui nécessite plusieurs jours à mettre en place. « Nous aurons également une installation éphémère dans l’avenue du Musée en lien avec l’exposition Thierry Mugler. Couturissime, sur laquelle les gens pourront faire leur propre défilé de mode », ajoute-t-elle.

Ce Jardin de sculptures, oasis de génie créatif, est un endroit pour prendre une pause de la ville, suggère Pascale Chassé. Au grand air, les visiteurs déambuleront dans un parcours d’art public réunissant 29 œuvres entre autres signées par David Altmejd, Valérie Blass, Alexander Calder, Lynn Chadwick, Dale Chihuly, Jim Dine, Joe Fafard, Elisabeth Frink, Charles Joseph, Henry Moore, Jaume Plensa, Jean-Paul Riopelle, Auguste Rodin et Armand Vaillancourt.

La cité muséale

Ayant attiré déjà plus de 90 000 visiteurs à elle seule et forte de ses 150 tenues, nombreuses photographies, documents d’archives et croquis inédits, l’exposition Thierry Mugler. Couturissime semble voler la vedette, mais il ne faut pas oublier de jeter un œil aux autres salles du musée. « Les gens viennent surtout voir la grande exposition puisque c’est celle pour laquelle nous faisons beaucoup de promotion. Mais il y a bien plus à découvrir au musée », poursuit la directrice, rappelant du même souffle que le MBAM est une véritable cité muséale fière de ses 43 000 œuvres exposées dans cinq pavillons. Parmi eux, celui de Claire et Marc Bourgie consacré à l’art québécois et canadien présente plusieurs nouveautés acquises dans le cadre de la campagne du 150e anniversaire du musée en 2010.

Autre incontournable de l’été au MBAM, la toute première exposition monographique canadienne consacrée à Omar Ba — l’un des artistes africains les plus influents de sa génération. « L’artiste sénégalais d’art contemporain sera d’ailleurs à Montréal à la fin du mois de mai. Il en profitera pour faire une œuvre in situ dans le carré d’art contemporain pendant la semaine d’ouverture de l’exposition qui lui est consacrée », annonce Mme Chassé.

Le musée présentera également la toute première rétrospective des estampes d’Alanis Obomsawin, qui s’est illustrée pour son travail de cinéaste à l’Office national du film. « Ce sont de très belles œuvres qui nous font découvrir un volet moins connu de la carrière de cette artiste multidisciplinaire de la nation des Waban-Akis », poursuit-elle. Légendes, expériences, réminiscences, souffrances et revendications de son peuple, comme celles d’autres communautés autochtones, sont quelques-unes des thématiques explorées dans cette série d’œuvres gravées intitulée Une artiste et sa nation : les vanniers waban-akis d’Odanak et présentée du 7 juin au 25 août 2019.

Comme un rayon de soleil

Un après-midi au musée n’est certainement pas suffisant pour tout voir. Alors, comment s’y retrouver dans cette collection encyclopédique organisée en cinq bâtiments au cœur de la ville et qui fait la fierté des Montréalais ? Archéologie et cultures du monde, art international ancien et moderne, art québécois et canadien, art contemporain international, arts décoratifs et design, arts graphiques et photographiques… Pour tirer le maximum de son passage au musée, on suggère de télécharger l’application pour téléphone intelligent. Avec celle-ci, non seulement les visiteurs profitent d’une expérience améliorée grâce aux audioguides, mais ils peuvent aussi accéder à des parcours thématiques et à des plans directionnels interactifs pour découvrir l’ensemble des pavillons et galeries d’exposition du musée.