Le Musée McCord se projette en hauteur

Vue d’ensemble depuis la rue Sherbrooke
Photo: DMA Vue d’ensemble depuis la rue Sherbrooke

Le Musée McCord Stewart annonce officiellement, après des années de valses-hésitations autour de différents projets, sa résolution de doubler sa superficie et de tripler ses salles d’exposition, tout cela grâce à une nouvelle construction en hauteur, sur son site actuel, devant l’Université McGill, rue Sherbrooke.

Pour ce faire, le nouveau musée pourra glaner une portion de la voie publique adjacente, la rue Victoria. Ce cadeau, offert par la Ville de Montréal, est d’une valeur d’au moins 15 millions de dollars, a expliqué en conférence de presse la mairesse Valérie Plante, tout juste après que la directrice du musée, Suzanne Sauvage, eut souligné, en anglais comme en français, que tout le site se trouve « en territoire autochtone non cédé ».

Ce projet d’agrandissement est pour l’instant estimé à 180 millions de dollars, un budget plutôt modeste par rapport à d’autres qui sont comparables, soutient Mme Sauvage.

Le nouveau musée doit abriter les collections et les expositions de trois établissements désormais regroupés : le Musée McCord, le Musée Stewart et le Musée de la mode. Il doit s’élever sur une hauteur de dix étages, en conservant sa vieille façade de pierres grises. Des esquisses préparatoires la montrent sous d’importants ajouts. Mais rien n’est définitif. L’ex-ministre Monique Jérôme-Forget, présidente du conseil d’administration, affirme que l’établissement espère lancer un grand concours d’architecture d’ici la fin de l’année.

Est-ce qu’on ne risque pas de se retrouver en plein centre-ville avec un autre cas de façadisme, c’est-à-dire une devanture historique maintenue comme paravent à de tout nouveaux éléments ? « C’est un immeuble de dix étages », minimise Suzanne Sauvage. « On reste très proche de ce qui est là maintenant. Et les voisins sont plus hauts que nous ! »

Si les travaux vont de l’avant, le musée devrait être fermé au public au moins pour deux ans.

Mais à quand le début des travaux ? Nul ne le sait pour l’instant. Les coûts doivent être partagés en trois tiers ; par le secteur privé, l’État québécois et le gouvernement fédéral. Suzanne Sauvage estime que le ton est donné au projet avec un don privé de 15 millions. Emmanuelle Gattuso est venue de Toronto, où elle habite depuis plusieurs années, pour honorer par ce don la mémoire de ses parents, à l’origine de l’entreprise agroalimentaire familiale, installée en 1936 dans le quartier Centre-Sud. Mme Gattuso s’est dite heureuse de « contribuer à montrer le rôle qu’a joué Montréal dans le développement du Canada ».

En entrevue au Devoir, Suzanne Sauvage assure que le nouvel espace permettra de compter sur des espaces permanents consacrés à la photographie. « On voudrait avoir des espaces thématiques. Nous sommes un peu le musée de la photographie pour Montréal. »

La croissance de l’achalandage du musée est constante depuis quelques années, rappelle sa directrice. Le musée peine désormais à loger 1,5 million d’artefacts, ce qui le conduit à refuser certains dons. Monique Jérôme-Forget dit désormais attendre une manifestation d’intérêt pour ce projet de la part du ministère de la Culture.