Les flâneurs


Odile Tremblay

Kim Nguyen, côté humour
Avec Le projet Hummingbird (The Hummingbird Project), le cinéaste québécois Kim Nguyen (Rebelle, Two Lovers and a Bear) surprend et amuse ferme en abordant un terrain de suspense et d’humour qu’il maîtrise à souhait. Avec à sa tête de grandsacteurs investis et allumés — Jesse Eisenberg (très allenien), Alexander Skarsgärd (méconnaissable), Anton Zalesky et Salma Hayek —, cette folle équipée à travers les États-Unis, sur une idée brillante et folle abordant par la bande la théorie de la relativité, décolle vraiment par-delà quelques longueurs. La danse de victoire de Skarsgärd est une pièce d’anthologie.


Caroline Montpetit

Grand vent sur l’Amérique
C’est en français que j’ai découvert la voix chaude, légèrement éraillée, d’Emilie Clepper, qui livre avec La grande migration son premier opus de folk francophone. La jeune femme, qui chantait jusque-là en anglais, nous revient des États-Unis et porte cette fois des textes de Sara Garneau qui collent à sa musique et lui vont comme un gant : « Je suis un oiseau migrateur, un peu au Sud, un peu au Nord. Il me manque toujours quelque part des vieux morceaux abandonnés sous l’autre ciel où je suis née. » De Babylone au Désert blanc, en passant par la souffrance individuelle exprimée dans Les grands vents, La grande migration balaie l’Amérique d’un grand désir de liberté. Clepper est aussi en tournée au Québec jusqu’à l’automne.


Stéphane Baillargeon

Chronique d’un deuil
Le surdoué comique britannique Ricky Gervais (The Office) vient de lancer After Life, sur Netflix, une minisérie tragicomique à la fois touchante et amusante, un tour de force où les émotions s’entrechoquent du rire aux larmes. Les six courts épisodes racontent la survie pénible d’un misanthrope un brin suicidaire endeuillé par la mort récente de sa femme adorée. Le récit de son errance dans sa petite ville, de la maison au boulot (il est journaliste), multiplie évidemment les situations cocasses et les malaises.


Amélie Gaudreau

Chronique d’une rupture
La websérie Fourchette (Tou.tv), une adaptation à l’écran du blogue Les Fourchettes de l’auteure et scénariste Sarah-Maude Beauchesne (L’académie), surprend agréablement. Cette chronique dans le désordre d’une rupture amoureuse douloureuse du point de vue de celle qui l’a provoquée et la quête d’indépendance traduit à merveille ce torrent de sentiments contradictoires caractéristiques de ces tempêtes. Dans le rôle principal « autofictionnel », Sarah-Maude Beauchesne offre une première performance très juste.